L’UFML-S dénonce le "démantèlement" de la médecine générale et appelle à la grève 

26/10/2021
Syndicalisme
Face à l’adoption de plusieurs mesures autorisant l’accès direct des patients à des professionnels tels que les orthoptistes, orthophonistes ou kinés sans passer par un généraliste, l’UFML-S appelle les médecins à “passer à l’offensive”. Le syndicat invite aussi les médecins à entrer en grève à partir de décembre pour obtenir l'extension des rémunérations des Permanences de Soins Ambulatoires (PDSA) au samedi matin.  
 

“Le choix fait d’ignorer totalement la médecine de ville et de poursuivre une politique hospitalo-centriste dépasse aujourd’hui toutes les possibilités d’acceptation des médecins” : dans un communiqué publié lundi 25 octobre, l’UFML-S donne le ton. Exaspéré par le “démantèlement” de la médecine générale, le syndicat du Dr Jérôme Marty appelle les praticiens à “passer à l’offensive”.  

Le déclencheur ? La récente adoption, dans le cadre du PLFSS, de mesures permettant “l’accès direct des patients aux orthoptistes, orthophonistes et masseurs kinésithérapeute” sans passer par la case médecin. “A cela il faut ajouter l'autorisation de la prescription des substituts nicotiniques aux pharmaciens, et des vaccins aux infirmiers”, rappelle aussi le Dr Marty.  

Pour le généraliste exerçant à Fronton (Haute-Garonne), “les décisions qui ont présidé à ces articles ont été prises, et c’est une constante, sans la moindre discussion, négociation ou concertation avec les représentants des médecins. La notion d’expérimentation ne change rien à l’affaire. Quand le montage se fait sans négociation, l’expérimentation du moment signe son application future. Sa limitation aux Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS) tient, disons-le, d’un enfumage qui ne prend pas”. “Nous dénonçons des solutions qui n’en sont pas et prétendent masquer l’incohérence et les carences du gouvernement face à une crise démographique de la médecine de ville sans précédent. Crise qu’il contribue à aggraver depuis 2017”, juge encore le Dr Marty.  

Rappelant les difficultés auxquelles est confrontée la médecine générale d’aujourd’hui - les actes bloqués à 25 euros pour la consultation, la difficulté pour les médecins à faire face à la demande de soin - le syndicat demande la mise en place d’États Généraux et d’un plan Marshall tarifaire de la médecine libérale. Le Dr Marty souhaite également la reprise des négociations conventionnelles dès l’instauration des États Généraux, un moratoire sur les délégations de tâches et l’annulation des délégations décidées sans négociation avec la profession, la garantie du maintien du régime indépendant de retraite des médecins qui n’est en rien un régime spécial. Il demande enfin l'extension des rémunérations des Permanences de Soins Ambulatoires (PDSA) au samedi matin.  

Arrêt maladie : la possibilité de solliciter un deuxième avis auprès d'un confrère spécialiste est-elle une bonne idée ?

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