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VIH : 1 Français sur 10 "mal à l'aise" à l'idée de côtoyer une personne infectée

Une nouvelle enquête publiée, ce mercredi 25 septembre, par l'association Aides montre une persistance de la sérophobie en France. Ils sont toutefois nombreux à penser que les risques d'être contaminé par le virus aujourd'hui ne sont pas importants.

26/09/2024 Par Chloé Subileau
Infectiologie
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Alors que 200 000 personnes vivent avec le VIH en France – dont 24 000 sans le savoir -, 16% des Français affirment qu'ils seraient mal à l'aise à l'idée de côtoyer une personne qui en est atteinte. C'est ce que révèle, ce mercredi 25 septembre, une enquête de l'Ifop pour l'association Aides. Menée en juin auprès de 1 500 personnes*, cette étude montre que 11% des Français pensent toujours qu'il faut, pour s'en protéger, isoler les malades du sida (contre 24% en 1988). "Ces chiffres sont plus élevés chez les moins de 35 ans, qui sont 17% à souhaiter isoler les malades du sida et 15% à souhaiter isoler les personnes vivant avec le VIH", note l'étude.

Et si 91% des répondants disent qu'ils continueraient de voir un de leurs amis s'ils apprenaient sa séropositivité, "cette bienveillance s’arrête lorsque la relation est plus intime", insiste Aides. En effet, moins de la moitié des Français (46%) continueraient de fréquenter une personne avec laquelle ils avaient des relations sexuelles s'ils apprenaient sa séropositivité.

Une très forte méconnaissance

La sérophobie persiste donc en France, tout comme la crainte d'être contaminé. Malgré les traitements disponibles, la proportion de répondants qui a peur "d’attraper le sida" est quasiment la même entre 1988 et 2024 ; elle est passée de 39% à 38%. Toutefois, 40% des personnes considèrent que les risques d'être contaminé par le virus du sida aujourd'hui ne sont pas importants – ils étaient 14% en 1999 -, pourtant "la même proportion a peur de découvrir sa séropositivité", précise l'association Aides, qui célèbre ses quarante ans cette année.

L'étude montre, par ailleurs, que les Français sont "de moins en moins capables de faire la distinction entre une personne séropositive et une personne atteinte du sida". Alors que 61 % d'entre eux connaissaient cette différence en 1988, ils sont moins de la moitié aujourd’hui (49 %)", souligne l'enquête, publiée ce mercredi. Un chiffre particulièrement élevé chez les 25-34 ans (53 %).

Pour Camille Spire, présidente de l'association, ces résultats montrent un cruel manque "de connaissances" des Français "sur le VIH/sida et sur la vie avec le virus". "Grâce à l'efficacité des traitements, nous savons aujourd'hui qu'une personne séropositive sous traitement et qui a une charge virale indétectable ne transmet par le virus à ses partenaires, même lors d'un rapport sexuel non protégé", rappelle-t-elle. Or, selon l'enquête, 77 % des Français pensent encore qu’il est possible d’être infecté par le VIH en ayant un rapport sexuel non protégé avec une personne séropositive sous traitement.

*Cet échantillon est représentatif de la population vivant en France métropolitaine, âgée de 18 ans et plus.

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