@Pete/ Stock.adobe.com/ Générée avec IA
Un suicide par heure en France : des professionnels de santé dénoncent la "démobilisation du Gouvernement"
Des médecins, chercheurs et responsables associatifs ont adressé une lettre ouverte au Gouvernement pour demander un renforcement des politiques de prévention du suicide. Ils alertent sur une “démobilisation” des pouvoirs publics et la baisse des moyens accordés aux associations.
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"En France, chaque jour, une personne meurt par suicide toutes les heures et 500 personnes attentent à leurs jours”. Face à ces chiffres, des professionnels de santé, chercheurs et responsables associatifs ont adressé jeudi 09 juillet 2026 une lettre ouverte au Gouvernement. Objectif : appeler à une mobilisation accrue des pouvoirs publics en faveur de la prévention du suicide.
"Le suicide constitue la deuxième cause de mortalité chez les 15-25 ans et le nombre de tentatives de suicide des jeunes femmes a plus que doublé au cours des cinq dernières années", rappelle la lettre, consultée par l’AFP. Les signataires estiment que "l'État n'est plus au rendez-vous de la prévention" alors que "les signaux sont plus qu'inquiétants".
9000 suicides par an
Ces professionnels s'inquiètent d'une "démobilisation du Gouvernement" et d'un risque de "délitement des leviers de prévention", tout en saluant les avancées permises ces dernières années par la stratégie nationale de prévention du suicide. Cette stratégie a notamment mis en place le 3114, numéro accessible gratuitement partout en France.
Avec environ 9 000 suicides par an, la France présente "un des taux les plus élevés d'Europe", ajoute Santé publique France. Selon eux, la prévention du suicide tend aujourd'hui à se "diluer dans une approche globale de la santé mentale", au détriment d'actions spécifiques et coordonnées consacrées au risque suicidaire. Ils affirment également que les associations du secteur ont vu leurs moyens diminuer ces deux dernières années. "Réduire les moyens de la prévention aujourd'hui, c'est prendre le risque d'en payer le prix social, humain et économique", rappelle la lettre ouverte.
Les signataires demandent le maintien des financements alloués à la prévention du suicide pour les années à venir ainsi qu'une "concertation réelle et structurée" avec les associations, professionnels de santé, chercheurs et acteurs de terrain afin de construire les politiques publiques.
"La prévention du suicide ne manque ni d'expertise, ni d'engagement" mais "d'un soutien de l'État et de moyens à la hauteur des enjeux", estime les auteurs de la lettre, qui appellent à faire de cette cause "une priorité réelle, durable et pleinement soutenue".
[Avec AFP]
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