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Il voulait dénoncer "l'enfer du système de santé" : les derniers mots d'Alexandre Galaor, interne suicidé

Les proches d’Alexandre Galaor, interne réunionnais qui s’est donné la mort le 27 janvier dernier, organisent une marche blanche en son hommage, samedi 14 mars. Ils souhaitent également ouvrir un espace de réflexion sur les souffrances que peuvent vivre les étudiants en médecine et les soignants au sein du système hospitalier. Un "système malade" qu’a dénoncé l’interne dans son dernier message. 

11/03/2026 Par Alexis Vignais
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Un dernier hommage. Mi février, l’Isni, par voie de communiqué, annonçait le décès d’Alexandre Galaor, interne appartenant à la subdivision de l’océan Indien. Cet interne réunionnais avait mis fin à ses jours deux semaines plus tôt. Ce samedi 14 mars, ses proches souhaitent organiser une marche blanche en hommage à ce dernier, indique l’Info.re. Les soignants, les étudiants en médecine et plus largement tous les citoyens sont invités à se joindre à cette marche. 

Le départ se fera devant l’UFR de médecine de Saint-Pierre, puis la procession prendra la direction du CHU de Saint-Pierre. Elle se conclura par un temps de témoignages et de recueillement. Grâce à ce moment, ses parents "souhaitent non seulement rappeler qui était Alexandre, mais aussi ouvrir un espace de réflexion sur les souffrances que peuvent vivre les étudiants en médecine et les soignants au sein du système hospitalier", précise le site Imaz.press. 

Un espace d’autant plus nécessaire que, dans son dernier message consulté par Imaz.press, l’interne souhaitait que son décès "serve aux combats pour un meilleur système de santé" et que "sur le mail du CHU, la cause de ma mort par suicide soit révélée. J'en ai assez de couvrir ce système malade", a-t-il écrit. Alexandre Galaor indiquait pourtant que son "choix de carrière aura toujours été le même, médecin depuis aussi loin que je m’en souvienne". "Cette assurance était telle que ce fut mon seul vœu sur Parcoursup", confie-t-il. 

"L’enfer du système de santé"

"Là commence la vie de jeune médecin et le début de l’enfer du système de santé. Mais cela je ne le découvrirai que plus tard. Mais plein de signes étaient précurseurs. J’ai probablement vécu les deux meilleures années de ma vie avec la 2ème et 3ème année de médecine. J’ai réalisé le projet de ma vie à l'hôpital des nounours, faire de la prévention avec des enfants pour les sensibiliser à leur santé." À cette époque, "ma vision de la médecine reste néanmoins naïve. Pour moi soignant rime toujours avec bienveillant", écrit-il.

La suite de son parcours est beaucoup plus complexe. "Si on a des médecins pas trop occupés, ils peuvent t’apprendre 2/3 trucs sinon on apprend tout seul. Il manque un brancardier car l’hôpital est en sous-effectif structurel et donc on demande l’externe (c’est notre petit nom dans certains services, il se transforme en identité), la secrétaire est occupée, va imprimer les bilans sur l’ordi pour les mettre dans le dossier", énumère-t-il. "Je dénonce ce statut de main-d’œuvre pas cher qui permet à la direction de ne pas embaucher."

Dans ce contexte, Alexandre Galaor devient “dépressif” et rate sa quatrième année. "Tout ça en excellant en stage parce que le paraître reste tout pour moi, je dois paraître impeccable. Et malgré une année scolaire merdique, mes stages se passa pas sans voir la misère humaine, que ce soit celle des soignants au bout que celle des patients démunis, dans un système sanitaire macabre", dénonce-t-il. "Notre souffrance était minimisée voire invisibilisée", "si on se plaint, on est faible, pas fait pour ça, c’est un métier passion après tout".

S’appuyant sur des enquêtes nationales, réalisées en 2017, 2021 et 2024, l’Isni rappelait, dans son communiqué du 16 février, que : "21 % [des étudiants] ont présenté des idées suicidaires dans l'année et 70 % ont envisagé d'arrêter leurs études au moins une fois par mois." 

[Avec l’info.re et Imaz Press]  

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