60% de seringues usagées en moins aux abords de la "salle de shoot" parisienne

23/03/2017 Par Sandy Bonin

L'ouverture il y a six mois à Paris de la première "salle de shoot" française a permis une réduction de 60% du nombre de seringues à ses abords, s'est réjoui la mairie.

"Il y a une baisse importante de la consommation de rue", a déclaré le Dr Bernard Jomier, l'adjoint à la maire de Paris chargé de la santé, interrogé par l'AFP. "C'est une satisfaction car la salle apporte aussi du mieux dans le quartier à ce niveau." Sur la seule rue de Maubeuge, dans le Xe arrondissement (nord-est), 385 seringues usagées ont été ramassées entre l'ouverture en octobre 2016 et le 15 mars 2017, contre 1 078 entre avril et septembre, soit une baisse de 65%, indique la Ville dans un communiqué. Dans les sanisettes, cette diminution est de 44%. En six mois, l'espace de 400 m2 situé dans l'enceinte de l'hôpital Lariboisière, ouvert tous les jours de 13H30 à 20H30, a accueilli 24.200 passages, soit une moyenne de 180 par jour, selon la mairie. Plus de 150 personnes ont été soignées ou orientées vers des traitements de substitution, alors que près de 90 ont fait l'objet d'un accompagnement social. "Ces résultats montrent que la salle est une réussite. L'objectif était de toucher des usagers de drogue très précarisés, très désocialisés et éloignés des soins. Il est atteint", a commenté le Dr Jomier. L'annonce de l'ouverture d'une "salle de shoot" à Paris avait provoqué une levée de boucliers de riverains, qui craignaient une hausse de l'insécurité et du trafic de drogue dans ce quartier proche de la gare du Nord, déjà bien connu pour la forte présente de toxicomanes. "Le fait que des riverains demandent l'extension des horaires d'ouverture de l'espace montre bien qu'il est utile", a fait valoir l'adjoint à la maire. Début mars, un collectif de riverains, excédé par des nuisances liées à la salle de "shoot", avait fait état d'une bataille rangée devant la structure.  "Un incident ne remet pas en cause six mois de travail", a estimé Bernard Jomier, pour qui une "réflexion" doit être menée afin d'ouvrir d'autres dispositifs du genre "ailleurs en Ile-de-France". [Avec AFP]

Faut-il restreindre les conditions d'accès au secteur 2?

Herve  Koskas

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