"Archaïsme" : la clause de conscience IVG des médecins supprimée par les députés | egora.fr
PUB

Vous êtes ici

A+ A-

"Archaïsme" : la clause de conscience IVG des médecins supprimée par les députés

L'Assemblée nationale a adopté hier soir la proposition de loi visant à renforcer le droit à l'avortement, qui repousse à 14 semaines de grossesse le délai légal de recours à l'IVG, autorise les sages-femmes à pratiquer des IVG chirurgicales… et supprime la double clause de conscience des médecins. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a mis en garde contre les effets pervers de ce texte.
 

"Le mieux peut être l'ennemi du bien", a mis en garde Olivier Véran à la tribune de l'Assemblée, jeudi, alors que les députés étaient amenés à se prononcer sur la proposition de loi visant à 'renforcer le droit à l'avortement". Un texte soutenu par Albane Gaillot (Ecologie, démocratie, solidarité) qui suscite la controverse en repoussant le délai légal de recours à l'IVG de deux semaines et en supprimant la double clause de conscience des médecins, mise en place par la Loi Veil de 1975.

 

Les gynécologues pourraient "jeter l'éponge"

La première mesure est une réponse aux quelques 1200 à 4000 femmes qui seraient contraintes d'aller se faire avorter aux Pays-Bas ou en Espagne lorsqu'elles se retrouvent hors délai en France du fait du manque de praticiens et de la fermeture de centres IVG. Un chiffre "contestable" pour le ministre de la Santé : "D’après ce qui m’est remonté des territoires, on parlerait ici plutôt de quelques centaines de femmes, même si l’enjeu est de taille quel que soit le nombre de femmes concernées". Pour Olivier Véran, ces IVG tardives seraient essentiellement dues à des découvertes de grossesse tardives, à des problèmes d'organisation des soins ou à un manque d'information.

 

L'IVG, un acte médical "à part"?

Alerté par le Collège des gynécologues, le ministre de la Santé a mis en garde les députés sur les effets pervers d'un nouvel allongement des délais : "Des gynécologues m’ont expliqué que la difficulté qui existe aujourd’hui est de recruter des gynécologues-obstétriciens capables de réaliser des avortements par aspiration entre dix et douze semaines de grossesse. En allongeant le délai de douze à quatorze semaines, nous craignons de susciter une démotivation et qu’il soit plus difficile, demain, de faire en sorte que ces médecins continuent de pratiquer des IVG. Un certain nombre d’entre eux pourraient jeter l’éponge."

Quant à la suppression de la double conscience...

21 commentaires

D'accord, pas d'accord ?
Débattez-en avec vos confrères.

Vous n'avez pas de compte ?

Inscrivez-vous gratuitement

 

Site d’informations médicales et professionnelles,
Egora.fr s’adresse aux médecins, étudiants des facultés de médecine et professionnels de santé (infirmier, kiné, dentiste…). Nous traitons des sujets qui font le quotidien des médecins généralistes (démographie médicale, consultation, rémunération, charges, relations avec la CPAM, FMC, remplacement, annonces) et plus largement de tout ce qui concerne l’actualité santé : pathologies, médicaments, hôpital, recherche, sciences…