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Les autorités sanitaires françaises font marche arrière sur l'utilisation de l’hydroxychloroquine

Après la publication d'une étude dans The Lancet jugeant inefficace, voire néfaste, le recours à la chloroquine ou à ses dérivés contre la Covid-19, l'Agence nationale de sécurité du médicament a "lancé" la procédure de suspension des essais cliniques évaluant l'hydroxychloroquine chez les malades. De son côté, le Haut Conseil de la santé publique a recommandé de ne pas utiliser cette molécule hors essais cliniques.  

 

Si l’étude publiée dans la revue The Lancet a été jugée “foireuse” par le Pr Didier Raoult, les institutions scientifiques français n’ont pas souhaité prendre de risques. Ce mardi 26 mai, après que l’Organisation mondiale de la Santé a pris la décision de suspendre les essais cliniques avec l’hydroxychloroquine menés avec plusieurs pays, l’ANSM et le HCSP ont, eux aussi, fait marche arrière. 

En effet, cette étude observationnelle publiée dans The Lancet, portant sur plus de 96.000 patients hospitalisés pour Covid-19 entre le 20 décembre 2019 et le 14 avril dernier, a jugé l’usage de la chloroquine et de ses dérivés inefficaces contre le Covid-19, voire néfaste, semant ainsi semé le doute au sein des grandes institutions. 

Saisi par Olivier Véran à la suite de cette publication, le Haut conseil de la santé publique (HCSP) a recommandé, ce mardi, de "ne pas utiliser l'hydroxychloroquine dans le traitement du Covid-19" hors essais cliniques, que ce soit seule ou associée à un macrolide. Elle juge qu’aucune étude clinique n’est actuellement “suffisamment robuste” pour démontrer son efficacité.  

 

 

Suspension 

L’institution, qui s’est basée sur des publications et des "rapports des centres régionaux de pharmacovigilance rapportant des effets secondaires potentiellement graves [...] en lien avec l'utilisation de ce médicament", préconise également d’évaluer “le bénéfice/risque de l’utilisation de l’hydroxychloroquine dans les essais thérapeutiques”, et de renforcer la “régulation nationale et internationale des différents essais évaluant l’hydroxychloroquinedans le Covid-19”.

De son côté, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a indiqué avoir lancé une procédure de suspension des essais cliniques évoluant l’hydroxychloroquine chez les patients atteints de Covid-19 “par précaution”. Cette suspension prendra effet après un délai de 24 heures de procédure contradictoire auprès des organisations de ces essais. 

A l’heure actuelle, 16 essais ont été autorisés en France pour évaluer l’efficacité de  l’hydroxychloroquine dans la lutte contre le nouveau coronavirus. L’ANSM précise que "les patients en cours de traitement avec de l'hydroxychloroquine dans le cadre de ces essais cliniques pourront le poursuivre jusqu'à la fin du protocole". 

[avec AFP]

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