Jumeau numérique

Lancement de la première plateforme française de jumeaux numériques : "On veut la démocratiser à un maximum de médecins"

Dans un communiqué de presse publié le 7 octobre, la start-up Integratome a annoncé lancer sa plateforme éponyme de jumeaux numériques de santé. À partir d’un questionnaire, elle permet à chaque patient de créer un profil type de son état de santé, basé sur la littérature scientifique. L’outil propose ensuite au médecin des recommandations pour améliorer au mieux la santé. 

13/11/2025 Par Mathilde Gendron
Jumeau numérique

Avant d’intégrer le Pôle santé Bergère à Paris - seul établissement français à utiliser Integratome à ce jour - la plateforme éponyme avait été créée pour "vérifier le profil de risque des patients lors de traitements hormonaux du cancer de la prostate", se souvient Ghislain de Kerviler, directeur général d’Integratome. "L’idée, c’est de dire quel était le profil de risque avant, pendant et après le traitement", ajoute-t-il. 

La plateforme s’est aujourd’hui développée et couvre 57 pathologies chroniques, avec l’objectif de rendre la prévention plus efficace. "On dit toujours qu’il faut faire de la prévention. Mais ma question, c’est de comprendre quels sont les risques ? Par exemple, on fait de la prévention contre le tabac et il faut en faire. Mais c’est encore mieux si on connaît les risques, au-delà du cancer du poumon, et si on est capable de les quantifier", explique Ghislain de Kerviler. 

Avec son équipe - composée notamment du Pr Olivier Cussenot, chirurgien, urologue, cancérologue, généticien et spécialiste de l’oncologie prédictive -, le directeur général a imaginé une plateforme de jumeaux numériques sur laquelle il fait "de la médecine augmentée, pas de la médecine digitale où c’est la plateforme qui fait le diagnostic". "C’est l’IA au service de la décision médicale", assure-t-il. 

En pratique, le patient répond à un questionnaire pendant une quinzaine de minutes, sur ses informations générales, sa morphologie, son mode de vie, son comportement, ses antécédents médicaux, ses prédispositions génétiques, son sommeil et sa sensibilité cutanée. 

Une vue du risque à 5 ans 

Grâce aux résultats, Integratome obtient un jumeau numérique appelé 'profil type' du patient, déterminé par les données de santé, son âge et son sexe. "On met ensuite à disposition des professionnels de santé des recommandations médicales, d’hygiène de vie… pour se rapprocher de ce profil type", indique Ghislain de Kerviler. Par exemple, si un patient a un risque d’accident cardiovasculaire plus élevé que son profil type, la solution peut lui dire : "Dans ce contexte, la Haute Autorité de santé (HAS) recommande de faire un test d’effort chez un cardiologue", avance le directeur général. "On n’invente rien, l’outil intègre toutes les informations basées sur la littérature médicale, la recherche biomédicale, les bases de données de vie réelle et les organismes nationaux de santé type HAS. C’est une veille scientifique, intelligente et automatisée."

L’outil propose aussi une vue du risque à 5 ans. "En fonction du profil, on va faire des propositions, par exemple 'arrêter de fumer'. On va calculer l’impact sur les pathologies." Il est ensuite capable de prendre cet arrêt en compte et de le quantifier sur le même profil. "Les médecins nous disent : 'à partir de ce moment-là, je tourne l’écran et je dis aux patients : 'Regardez l’impact"'". 

 

Integratome est la première plateforme en France à proposer un jumeau numérique adapté au profil du patient. La solution ressemble à une "grosse machine algorithmique qui peut donner une très grande quantité de résultats en fonction des besoins du professionnel", indique Ghislain de Kerviler. La plateforme utilise "quatre IA génératives" au total pour "alimenter [l’outil] avec les dernières informations [scientifiques publiées]. C’est de l’IA contrôlée et ciblée". Ces IA génératives travaillent sous la supervision d’un comité médical, composé de onze médecins, dont six professeurs en médecine, et d’un comité scientifique.

La solution est aujourd’hui utilisée par des établissements français, suisses et luxembourgeois. Concernant son entrée dans des cabinets médicaux, Ghislain de Kerviler est plus prudent. "On est au début de l’élargissement aux généralistes, mais je le souhaite. On travaille avec les acteurs de santé et avec les URPS pour voir ça. On a vraiment l’objectif de démocratiser [Integratome] à un maximum de médecins." Il s’agit d’un outil modulable qui peut s’intégrer aussi bien dans des logiciels de centres de bilans de santé, comme dans des cliniques, et peut adapter ses questionnaires au besoin recherché. La tarification est par conséquent à la carte, "en fonction de la demande de bilans effectués et de l’utilisation de la plateforme". 

Aucune donnée n’est collectée par Integratome, la plateforme prend en compte des données qui sont directement "anonymisées et non-persistantes". "Nous ne conservons aucune donnée de patient", assure-t-il. 

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