Rémunération

@tippapatt - stock.adobe.com

Le Conseil d'Etat ouvre la porte à une rémunération variable des médecins salariés, l'Ordre débouté

Saisi par plusieurs fédérations de mutuelles, centres de santé et établissements hospitaliers (FNMF, FEHAP, FNCS..), le Conseil d'Etat a estimé qu'une rémunération variable des médecins salariés, liée à l'activité, n’est pas automatiquement illégale, contrairement à la position du Conseil national de l'Ordre des médecins.  

27/05/2026 Par Sandy Bonin
Déontologie
Rémunération

@tippapatt - stock.adobe.com

Dans une circulaire datée du 13 octobre 2023, l'Ordre considérait qu’un médecin salarié ne pouvait pas être rémunéré avec une part variable directement liée au chiffre d’affaires qu’il génère. L'institution ordinale citait l'article R. 4127-97 du code de la santé publique pointant qu'"un médecin salarié ne peut, en aucun cas, accepter une rémunération fondée sur des normes de productivité, de rendement horaire ou toute autre disposition qui auraient pour conséquence une limitation ou un abandon de son indépendance ou une atteinte à la qualité des soins".  

Plusieurs fédérations de mutuelles, centres de santé et établissements hospitaliers (FNMF, FEHAP, FNCS..) avait saisi le Conseil d'Etat pour demander d’annuler cette position de l’Ordre des médecins et de reconnaître la légalité d’un système de rémunération mixte à savoir une part fixe et une part variable calculée sur l’activité du médecin. 

Le Conseil d’État a annulé en partie la position du Cnom estimant qu'une rémunération variable n’est pas automatiquement illégale tant que l'indépendance médicale est respectée. En effet, le droit médical interdit qu’un médecin soit poussé financièrement à multiplier les actes, prescrire inutilement, ou privilégier la rentabilité au détriment du patient. 

Le Conseil d'Etat a donc jugé que l'Ordre avait adopté une position trop générale et trop stricte. Cette décision ouvre la porte à des systèmes de rémunération "hybrides" pour les médecins salariés.

Faut-il restreindre les conditions d'accès au secteur 2?

PETIT BOBO

PETIT BOBO

Oui

Les dépassements systématiques vont finir par casser notre image auprès d'une population française (qui souffre en ce moment). Il ... Lire plus

6 débatteurs en ligne6 en ligne
Photo de profil de B M
B M
7,5 k points
Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 21 jours
C'est bien connu: la médecine libérale en France, n'a de libéral que la quantité de travail et de responsabilités médicales et d'entreprise (risques, investissements, charges, personnel, materiel, salaires...), avec tous les inconvénient du salariat (tarifs bas et primes/forfait conditionnée aux volontés du patron de papier CPAM). Et là le conseil d'Etat vient d'inventer l'inverse: le médecin salarié avec les avantages du salariat (pas de charges de cabinet, de gestion de personnel et des salaires, congés payés, protection sociale, etc) , et les revenus d'un libéral si le salarié se mettait dans un sursaut "altruiste" à considérer qu'il peut bosser plus de 35 heures, et/ou à plus de 2 patient par heure!. Ca me rappelle les généreux hospitaliers qui font du libéral à l'hôpital (rdv plus rapide à obtenir!) sans risque d'investissement dans le matériel/cabinet/personnel.
Photo de profil de MARTINE DELABY
MARTINE DELABY
73 points
Médecins (CNOM)
il y a 18 jours
l'article R. 4127-97 du code de la santé publique pointant qu'"un médecin salarié ne peut, en aucun cas, accepter une rémunération fondée sur des normes de productivité, de rendement horaire ou toute autre disposition qui auraient pour conséquence une limitation ou un abandon de son indépendance ou une atteinte à la qualité des soins". Mais, les mutuelles et autres estiment qu’il faut reconnaître la légalité d’un système de rémunération mixte à savoir une part fixe et une part variable calculée sur l’activité du médecin. Et le Conseil d’Etat estime lui qu'une rémunération variable n’est pas « automatiquement » ! illégale tant que l'indépendance médicale est respectée. C’est bien une histoire de sous si je ne m’abuse, et une pression sur le médecin pour qu’il soit plus « rentable »! C’est ce qu’ils appellent préserver son indépendance ? On peut noter également que les revenus du médecin sont sales, injustes car gagnés sur le malheur des autres , sur l’argent de l’Etat (pas u tout, ce sont nos cotisations !),mais ça change quand ce sont les mutuelles et les associations hospitalières. Appuyées par le Conseil d’Etat ! Que ne font-ils pas pareil avec les fonctionnaires et autres bureaucrates au mieux pondeurs de normes liberticides , Et on s’étonne qu’il y ait de moins en moins de médecins français, que l’accès et la qualité de la médecine s’effondrent !
Photo de profil de DELA LIE
DELA LIE
3,9 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 18 jours
De mémoire environ 40% des lois votées n'ont pas de décret d'application, cela signifie que ses messieurs dames des l'hémicycles ont été payés pour rien ! Pourquoi ne pas indexer leurs salaires au rendement effectif ? 40% d'économie en perspective ? Ou plus d'investissement pour porter jusqu'au bout un projet ?
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Déontologie
"Je suis fier d'être resté fidèle au serment d'Hippocrate" : médecin retraité sanctionné pour avoir soigné ses...
21/05/2026
23
Histoire
De jeune médecin inconnu à bourreau… Un historien retrace le parcours de Mengele, "l'Ange de la mort"
07/05/2026
0
Déontologie
"Chez vous, on fait beaucoup d'enfants" : une étude fait la lumière sur "les violences médicales racistes"
02/06/2026
39
Infectiologie
Maladie de Lyme : malgré des avancées, des patients toujours en errance
27/05/2026
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2