Vente de médicaments à l’unité : le dispositif peine à convaincre

02/05/2023 Par Pauline Machard
Médicaments
Un an après son autorisation en France, la vente de certains médicaments à l’unité dans les pharmacies reste marginale.  

 

"0,1%". C’est la part que représente la dispensation à l’unité de médicaments, sur le total des actes de délivrance de médicaments remboursables par an réalisés par les pharmaciens, soit sur 600 millions d’actes, fait savoir Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), interrogé par l’AFP.  

Un an après l’autorisation en France de la vente de certains médicaments à l’unité dans les pharmacies, en vue de lutter contre le gaspillage et la résistance aux antibiotiques, le constat est implacable : le dispositif facultatif – entré en vigueur en mai 2022 et qui ne concerne qu’une petite partie des médicaments – reste marginal et peine à convaincre les acteurs du médicament.  

 

Une "petite mesure, à faible efficacité"

Comment l’expliquer ? Carine Wolf-Thal, la présidente du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, fait valoir que "des questions qu’on avait il y a un an n’ont toujours pas trouvé de réponse. Ça reste une petite mesure, à faible efficacité, et qui n’a pas été réellement étudiée en amont pour bien en mesurer les gains". "Si le pharmacien doit mettre ses comprimés dans un contenant, si ce contenant est en plastique, s’il faut refaire des étiquettes, réimprimer une notice… Pas certain que le bilan soit positif par rapport à une boîte en carton", relève-t-elle. La dispensation à l’unité, en France, contraint en effet le pharmacien à ouvrir les boîtes, placer les comprimés prescrits dans un nouveau conditionnement pour le transport et la conservation, imprimer une notice d’information, tout en assurant le suivi des unités délivrées. L’Assurance maladie rembourse un euro à l’officine pour chaque vente.  

Pour la direction générale de la Santé, en revanche, "ce dispositif présente un intérêt sur le plan sanitaire, environnemental, et potentiellement financier. Il contribue à éviter l’automédication inappropriée (consommation des unités restant dans les boîtes) et à réduire le gaspillage des médicaments non consommés financés par la Sécurité sociale". "La présence croissante de résidus pharmaceutiques dans l’environnement et les tensions d’approvisionnement sont des situations qui permettent d’envisager un déploiement de la dispensation à l’unité d’autres médicaments", prévient la DGS, tout en précisant n’avoir pour l’heure entrepris aucune démarche sur le sujet auprès des industriels du secteur pharmaceutique.  

[Avec AFP] 

Faut-il restreindre les conditions d'accès au secteur 2?

PETIT BOBO

PETIT BOBO

Oui

Les dépassements systématiques vont finir par casser notre image auprès d'une population française (qui souffre en ce moment). Il ... Lire plus

 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Déontologie
"Je suis fier d'être resté fidèle au serment d'Hippocrate" : médecin retraité sanctionné pour avoir soigné ses...
21/05/2026
23
Histoire
De jeune médecin inconnu à bourreau… Un historien retrace le parcours de Mengele, "l'Ange de la mort"
07/05/2026
0
Déontologie
"Chez vous, on fait beaucoup d'enfants" : une étude fait la lumière sur "les violences médicales racistes"
02/06/2026
39
Infectiologie
Maladie de Lyme : malgré des avancées, des patients toujours en errance
27/05/2026
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2