"Un choix d’efficacité" : Stéphanie Rist défend le "recentrage stratégique" de Santé publique France
La ministre de la Santé a pris la parole pour venir au secours du projet de modification des missions de Santé publique France (SpF). Pour Stéphanie Rist, cette décision a été prise par simple souci d’efficacité.
Une position défensive. C’est ce qu’a adopté la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, mardi 17 février 2026, à l'Assemblée nationale. Objectif : calmer les critiques face au "recentrage stratégique" de Santé publique France (SpF). Le gouvernement a annoncé fin janvier que plusieurs missions de SpF, comme la gestion des stocks stratégiques et le pilotage de la réserve sanitaire, vont être transférées au ministère de la Santé. Les campagnes de communication seront également rattachées à partir de 2027 au ministère et à l'Assurance maladie.
Une décision que Stéphanie Rist associe à "un choix d’efficacité". La ministre évoque, pour la gestion des stocks stratégiques et de la réserve sanitaire, un souhait de " raccourcir la chaîne de commandement", "[d'] unifier les dispositifs existants" et de " renforcer la capacité de décision, notamment en période de crise".
En ce qui concerne le transfert des campagnes nationales de communication, la Ministre assure que cela ne va pas "remettre en cause les missions de SpF en matière d'expertise, de surveillance épidémiologique, de prévention et promotion de la santé", mais au contraire "rendre la parole publique plus lisible et mieux coordonnée".
"Une mission d'inspection est encore en cours pour définir les modalités précises de cette réorganisation", a-t-elle ajouté, écartant toute "mesure d'économie". Le Gouvernement envisage de faire environ deux milliards d'euros d'économies supplémentaires sur les agences et opérateurs de l'État, avait indiqué mi-janvier la ministre de l'Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin. La mise en œuvre de ces évolutions est prévue pour 2027.
Marche funèbre
Une position pas vraiment partagée par Hendrik Davi, député écologiste qui dénonce "une attaque en règle de plus contre les scientifiques", "Vous attaquez les savoirs qui menacent des lobbies que vous protégez : Marlboro, Ricard, Lactalis, Monsanto et tant d'autres".
Les inquiétudes sont également bien présentes du côté des acteurs de la santé publique tout comme du personnel de l’agence sanitaire.
Mardi matin, le directeur général de la santé Didier Lepelletier, venu à la rencontre des personnels de SpF évoquer la réorganisation, a été accueilli par "plusieurs dizaines de salariés habillés en noir, sur une musique de marche funèbre. C'était assez intense", a rapporté à l'AFP une source syndicale. "Les personnels sont très mobilisés et en total désaccord avec cette réorganisation qui coûtera cher et remet en cause l'existence d'une agence sanitaire nationale, qui s'appuie sur la science, au service de la population."
Un collectif de 350 acteurs de santé publique a aussi dénoncé, dans une tribune publiée dimanche dans Le Monde, la réorganisation de l'agence sanitaire, appelant notamment à préserver son rôle dans les campagnes de prévention.
[Avec AFP]
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