Supprimer l'AME ferait courir un risque à l'ensemble des Français

28/04/2017 Par Fanny Napolier
Santé publique

La candidate du Front national a fait de la suppression de l'AME un axe majeur de son programme santé. Marine Le Pen compte sur cette source d'économies pour financer ses mesures. Sauf que les dépenses liées à l'AME ne représentent que 0,4% de l'ensemble des dépenses de santé, rappelle le groupe de réflexion Terra Nova.

Supprimer l'AME ne permettrait pas de faire des économies conséquentes et pourrait nuire à la santé des Français, estime le groupe de réflexion Terra Nova, classé à gauche. Dans une note publiée mardi sur son site, le think tank indique que l'AME représente 0,4% de l'ensemble des dépenses de santé en France, qui s'élèvent à 195 milliards d'euros, soit 765 millions d'euros. Plutôt jeune (41% ont moins de 30 ans) et masculine (57% sont des hommes), la population des bénéficiaires présente un "état sanitaire plus dégradé que les assurés du même âge", vit souvent "en grande précarité" et consomme "plus fréquemment des médicaments indiqués dans des pathologies sévères", telles qu'hépatites, cancers ou diabètes. Pour Terra Nova, "cette prestation a donc un double objectif : humanitaire et sanitaire". "En éloignant les publics concernés du système de soins, le risque est grand de faciliter la propagation de pathologies. Autrement dit, l'AME, comme d'autres dispositifs de santé publique, ne protège pas seulement des 'clandestins' comme aime à le rappeler la candidate d'extrême droite, mais aussi l'ensemble de la population française." Marine Le Pen, favorable à une aide exclusivement applicable en cas de pronostic vital engagé ou pour les patients présentant un risque de santé publique, a dit vouloir, par cette mesure, protéger "à 100% la santé des Français" et "affecter" ses crédits aux forces de sécurité. L'Institut Montaigne, organisme de réflexion réputé libéral, avait quant à lui chiffré en mars la suppression de l'AME à 598 millions d'euros d'économie. [Avec AFP]

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