Etats-Unis : le ministère de la Santé réduit encore le nombre de vaccins recommandés pour les enfants
Les vaccins contre la grippe, les hépatites A et B et les méningocoques sont désormais recommandés aux seuls enfants particulièrement à risque.
Le ministère américain de la Santé, dirigé par le vaccinosceptique Robert Kennedy Jr, a annoncé lundi 5 janvier réduire le nombre de vaccins recommandés pour l'ensemble des enfants, une décision lourde de conséquences déjà critiquée par des spécialistes.
Désormais, six vaccins précédemment recommandés à tous les enfants ne le seront plus que pour ceux particulièrement à risque. Cela concerne les vaccins contre la grippe, les hépatites A et B, les méningocoques, ainsi que contre les rotavirus. Celui contre le Covid-19 avait déjà été retiré de la liste des vaccins recommandés à tous les enfants il y a quelques mois.
Le président Donald Trump avait demandé à son ministre de revoir la politique vaccinale américaine à l'aune des pratiques des autres pays développés.
De nombreuses inquiétudes
"Après un passage en revue exhaustif des connaissances", a déclaré le ministre Robert Kennedy Jr dans un communiqué, "nous alignons le calendrier américain des vaccinations pédiatriques avec le consensus international, tout en améliorant la transparence et le consentement éclairé".
Ces décision inquiète de nombreux médecins. "Le calendrier américain pour les vaccins pour enfants est l'un des outils les plus minutieusement étudiés que nous ayons pour protéger les enfants de maladies graves, parfois mortelles", a notamment réagi le Pr Sean O'Leary, spécialiste en maladies infectieuses et pédiatrie.
Ces derniers mois, d'autres décisions critiques envers la vaccination ont été prises. En décembre, l'Agence américaine du médicament (FDA) a notamment dit enquêter sur de possibles morts liées aux vaccins contre le Covid-19, quand bien même l'efficacité et la sécurité des vaccins anti-Covid ont été documentées par de nombreuses études. Plus tôt ce même mois, un groupe d'experts entièrement remanié par le ministre a décidé de cesser de recommander le vaccin contre l'hépatite B à l'ensemble des nouveau-nés, et ce contre l'avis de nombreux soignants.
Ces différentes initiatives suscitent l'inquiétude au sein de la communauté médicale américaine, qui accuse ces experts de chercher à restreindre les accès aux vaccins, alors même que les taux de vaccination du pays évoluent à la baisse depuis la pandémie de Covid-19 et font craindre le retour de maladies contagieuses mortelles, comme la rougeole.
[avec AFP]
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