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Pénurie de masques : pourquoi le Sénat accable Jérôme Salomon

La commission d'enquête du Sénat sur l'évaluation des politiques publiques face au Covid a rendu son rapport. Elle impute "directement" la pénurie de masques début 2020 à une décision du directeur général de la santé, en 2018. 
 

Si la pénurie de masques en France au début de l'épidémie est la conséquence des choix faits "tout au long des années 2010" (notamment au fameux changement de doctrine consistant à passer d'un stock tournant à un stock dormant), elle est aussi "directement" imputable à "la décision, prise en 2018 par le directeur général de la santé de ne pas renouveler le stock de masques chirurgicaux", conclut la commission d'enquête dans son rapport, rendu public ce jeudi 10 décembre. 

"Alors qu'il s'établissait à 754 millions d'unités fin 2017, le stock stratégique de masques chirurgicaux n'en contenait plus que 100 millions fin 2019", écrivent les sénateurs, qui ont mené de nombreuses auditions ces derniers mois. En octobre 2018, le directeur de Santé publique France informe le Pr Salomon que "613 millions de masques chirurgicaux sans date de péremption acquis au mitan des années 2000 sont non conformes et ne peuvent en conséquence être utilisés". "En outre, il lui est indiqué que le stock se compose désormais de 99 millions de masques chirurgicaux, dont 63 millions périment fin 2019", poursuit le rapport. Le directeur général de la santé aurait alors ordonné l'achat de "seulement 50 millions de masques (50 millions supplémentaires si le budget le permettait), soit moins que la quantité nécessaire ne serait-ce que pour renouveler ceux arrivant à péremption fin 2019", lui reproche-t-on. 

"La triste saga des masques qui a occupé le débat public au printemps, et conditionné pour partie la stratégie, restera le symbole d’une impréparation lourde de conséquences dans la lutte initiale contre l’épidémie, alimentant le désarroi voire la colère des soignants entendus par la commission d’enquête", écrivent les rapporteurs, dénonçant plus largement "un défaut de préparation, un défaut de stratégie ou plutôt de constance dans la stratégie et un défaut de communication adaptée". 

 

[avec AFP] 

 

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