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Les généralistes, des "déserteurs" dont l'argent est "la seule source de motivation" : la rage du Dr Marty face à un édito au vitriol

Ce dimanche, La Dépêche du midi consacrait sa une à la question des déserts médicaux en Occitanie, alors que la région s'apprête à salarier 25 médecins. Un dossier accompagné d'un éditorial à charge contre les libéraux, dont la "mission est devenue démission". Sur Twitter, la réaction du président de l'UFML, généraliste à Toulouse, ne s'est pas fait attendre. 

 

"Il semble loin le temps où le médecin de campagne accomplissant sans barguigner son sacerdoce", regrette ce journaliste à La Dépêche du midi, après avoir relaté, avec force nostalgie, la visite nocturne d'un "médecin de famille" à l'ancienne. Dans cet éditorial titré "Les Déserteurs", Sébastien Marti, responsable de l'édition de Haute-Garonne, n'y va pas de main morte. "Les déserts médicaux, ce sont d'abord des médecins qui ont déserté les campagnes", écrit-il.  

Parce que le généraliste constitue "le premier des services publics", il faut organiser "sa réintroduction", à l'instar de la région Occitanie qui a décidé de salarier 25 médecins dans des centres de santé répartis dans les "zones en tension" (soit 80% du territoire régional). Et de déplorer que malgré la multiplication des mesures incitatives, les jeunes généralistes ne posent plus leur plaque dans ces territoires. "Objectivement, il y a de pire situation que de commencer à exercer à 5000 euros nets par mois dans le cadre champêtre d'une vallée du Gers", estime pourtant l'éditorialiste. 

Pour ce dernier, la "mission" du généraliste "est devenue démission". S'il est "difficile de blâmer un jeune généraliste qui aspire à une vie de famille, des loisirs et des horaires", l'heure est venue pour les libéraux, "moins sollicités que leurs confrères de l'hôpital dans la lutte contre le Covid-19", de rendre des "comptes" face à la crise des urgences, considère le journaliste : "obligation de gardes, horaires élargis, visites à domicile…". Alors que le Gouvernement a annoncé qu'il allait majorer de 15 euros les consultations de soins non programmés hors patientèle réalisées à la demande de la régulation, l'auteur s'interroge : "Mais faut-il encore faire de l'argent leur seule source de motivation?" 

L'éditorial a fait sortir de ses gonds le plus célèbre des généralistes d'Occitanie, le Dr Jérôme Marty, président du syndicat UFML. Dans un "thread pamphétaire", le médecin reproche au journaliste sa méconnaissance de l'exercice. Il commence d'ailleurs par rappeler qu'en matière de lutte contre le Covid, les libéraux n'ont pas de comptes à rendre : ce sont eux qui ont "payé le plus lourd tribut", avec 73 morts. Il prend ensuite la défense de ces "faignasses qui bossent 55 heures par semaine, qui répondent aux gardes sur 95% du territoire", dont le risque de suicide est 2.5 fois plus élevé qu'en population générale, le tout pour l'un des plus bas tarifs d'Europe. "La France n’a regardé la santé que sous l’angle des dépenses, elle n’a vu les soignants que comme des inducteurs de dépenses, elle les a diminués, fait partir à la retraite, elle a fermé des lits etc. et, moins nombreux, ils ont fait face à une demande de soin qui ne cessait et ne cesse d’augmenter. Ça vous a defrisé? Non…", tacle le généraliste. "Mes consœurs, mes confrères, entendent mieux exercer? Ils ont raison, mille fois raison!" 

 

[avec LaDépêche.fr

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