Procès en appel du Dr Cahuzac : "Je ressens un sentiment, la peur"

12/02/2018 Par Fanny Napolier
Faits divers / Justice

Le procès en appel du Dr Jérôme Cahuzac s'est ouvert ce lundi. L'ex-ministre du Budget, condamné à trois ans de prison ferme en première instance, est jugé pour fraude fiscale, blanchiment de fraude fiscale et omission de déclaration de son patrimoine.

Il reconnaît les faits, mais conteste la peine. Le procès en appel de Jérôme Cahuzac s'est ouvert ce lundi, et l'ancien ministre du Budget compte sur son nouvel avocat et star du barreau, Eric Dupond-Moretti, pour obtenir une peine intérieure à deux ans, demander un aménagement de peine et éviter la prison. Dès l'ouverture du procès, le président a rappelé les infractions reprochées à Jérôme Cahuzac : soustraction frauduleuse à l'impôt de 2009 à 2012, dissimulation, placement de revenus dissimulés, déclaration de patrimoine mensongère en tant que ministre en 2012. Philippe Houman, le conseiller suisse du banquier, a aussi fait appel. En début d'audience, le président a demandé aux prévenus les motifs de leur appel. "Je ne souhaite pas que ma mère et mes enfants me voient en prison", a répondu Jérôme Cahuzac d'une voix faible, assurant qu'il reconnaissait les faits. "C'est la peine que je conteste. J'ai décidé de faire appel en pensant aux miens. Je dois dire que je ressens un sentiment assez banal : la peur." La séance a été suspendue au bout d'1 heure 30, après un rappel exhaustif des faits concernant Jérôme Cahuzac et Philippe Houman. Les deux prévenus seront interrogés plus longuement mardi, au second jour du procès. Le couple Cahuzac a dissimulé au moins 3,5 millions d’euros aux impôts pendant vingt ans, et le patrimoine serait "en réalité beaucoup plus important, car nous n’avons que le solde, et il y a eu beaucoup de dépenses", avait indiqué le Parquet national financier. L’affaire avait éclaté après une enquête de Mediapart de décembre 2012, qui indiquait que le ministre avait détenu un compte clandestin en Suisse. "Des accusations délirantes", avait répondu le ministre, avant de démissionner quatre mois plus tard en avouant avoir menti. En décembre 2016, il avait été condamné à trois ans de prison ferme et à 5 ans d'inéligibilité. Le délibéré est prévu pour le 15 mai 2018. L'ancien ministre risque jusqu'à cinq ans de prison ferme. [Avec Lemonde.fr]

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