Poursuivi par des dizaines de patients, le chirurgien du dos grenoblois conteste son interdiction d'exercice

08/02/2024 Par Aveline Marques
Déontologie
Nouveaux rebondissements dans l'affaire du "Docteur V.". Mis en examen en 2020 pour "blessures et homicides involontaires", ce chirurgien orthopédiste de la clinique des Cèdres, d'Echirolles (Isère), vient d'être sanctionné de trois mois d'interdiction d'exercice par la chambre disciplinaire nationale. Son avocat fait appel devant le Conseil d'Etat. 

 

La presse l'a surnommé le "chirurgien de l'horreur". Mais depuis que son interdiction d'exercice de 18 mois a pris fin, en novembre 2020, le praticien a remporté plusieurs batailles judiciaires et disciplinaires. Le médecin, mis en cause dans 90 cas, a obtenu le rejet de plusieurs plaintes de patients devant l'Ordre des médecins. Et "à la suite du dépôt de très nombreux rapports d’expertise favorables au docteur V., en plus de la trentaine d’annulations de mise en examen déjà prononcées par la chambre de l’instruction de Grenoble, il y a plusieurs mois, des dizaines d’autres mises en examen se sont transformées en placement sous le statut de témoin assisté", souligne son avocat, Me Boulloud, dans Le Monde. 

En juin dernier, le chirurgien orthopédiste, qui reste mis en examen "pour blessures et homicides involontaires", a bénéficié d'un assouplissement de son contrôle judiciaire. Il a été autorisé à reprendre une activité médicale de "consultations spécialisées en orthopédie et traumatologie" à la clinique des Cèdres, à Echirolles. Une décision contestée par l'avocat représentant plusieurs de ses victimes présumées. "Que faut-il aux instances pour écarter un médecin dangereux ? Nous pensons que ce personnage est inapte à la pratique de la médecine", estime Me Bourgin, cité dans le quotidien du soir. 

Mais l'Ordre n'a pas dit son dernier mot. Le Monde informe que la chambre disciplinaire nationale l'a sanctionné le 2 février d'une interdiction d'exercice de six mois, dont trois avec sursis, pour des manquements à ses obligations déontologiques, notamment "en matière de secret médical". Par ailleurs, il lui est reproché de n'avoir "pas proposé d'alternative thérapeutique" à sa patiente, opérée en 2015 des vertèbres. 

Une sanction disciplinaire que son avocat conteste devant le Conseil d'Etat, ce qui suspend son application, initialement prévue en mai prochain. 

[avec Le Monde

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Marie GILARDI

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PETIT BOBO
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Débatteur Passionné
Autre spécialité médicale
il y a 2 ans
Le dos ! porteur d'une symbolique terrible pour les patients et quelquefois terrible pour ceux qui les opèrent... Dans le cadre de recours en responsabilité médicale, j'ai eu plusieurs dossiers de "victimes" de chirurgiens du dos. (Je pense en particulier à un voisin, chirurgien "malheureux" dont j'ai vu plusieurs "victimes"...Il aimait opérer...trop.) Etait il "vraiment mauvais" sur le plan technique ? Non. En reconstituant l'histoire des plaignants, il s'avérait toujours qu'ils s'étaient fait initialement récuser par les chirurgiens réputés de la grande ville universitaire voisine. Les candidats malheureux avaient alors tenté leur chance (et fait le forcing) auprès des "second couteaux" de la région. Et bien ou mal opérés ils n'en avaient tiré aucune amélioration. Les doléances persistaient. Et maintenant ils pouvaient mettre ça sur le dos et l'incompétence du chirurgien... Quand dans les conclusions, on indiquait que le chirurgien n'aurait pas dû opérer car il n'y avait pas d'indication valable ; les "victimes" vexées le prenaient mal ! "vous écrivez que je me suis fait opérer pour faire l'intéressant !!!" etc
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HENRI BASPEYRE
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Résistant
Chirurgie générale
il y a 2 ans
il devrait se mettre à la politique:çà paye plus!
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HENRI BASPEYRE
15,4 k points
Résistant
Chirurgie générale
il y a 2 ans
quand il aura payé la casse,il pourra re-travailler pas avant!
 
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