Menacée de garde à vue par une policière soignée à l'hôpital, une aide-soignante porte plainte
Selon nos confrères du Parisien, une policière, soignée à l'hôpital Avicenne, aurait souhaité contrôler l’identité d’une aide-soignante exerçant au sein de l’établissement. Une plainte a été déposée.
Une aide-soignante qui porte plainte contre une policière. C’est l’étonnante affaire qui touche l'hôpital Avicenne (AP-HP), situé à Bobigny, comme le révèlent nos confrères du Parisien. La scène se serait déroulée dimanche 8 février. L'aide-soignante prend son poste à 7h du matin au service des urgences, puis fait un tour des patients.
"Quand je parle à cette dame, je vois qu’elle n’apparaît pas dans ma liste, car elle était déjà répertoriée comme sortante. Sa prise en charge était finie. Elle attendait sa famille. Je lui ai donc demandé son nom, elle me l’a donné puis m’a dit : J’aimerais parler au docteur Alexandre." L'utilisation du prénom du professionnel de santé interloque l'aide-soignante.
Celle-ci indique tout de même qu'elle va passer le message au docteur, ce qui aurait fortement déplu à la policière en question. "En plus, elle se fout de ma gueule ! Je suis officier de police judiciaire. J’aimerais savoir votre identité, vous êtes dans l’obligation de la présenter ou vous finirez en garde à vue", aurait alors annoncé la policière.
Demande de contrôle d’identité
"Elle a sorti une carte avec écrit Police en gros. Je n’ai pas pris les choses au sérieux. On a souvent des patients qui se prennent pour des avocats, des médecins…", explique l'aide-soignante. La policière aurait alors pris son téléphone. "Là, elle se met à me filmer. Je vois qu’elle appelle ses collègues. Je pense toujours que c’est un délire. Mais dix minutes plus tard, ils ont débarqué."
Un peu plus tard, quatre agents sont donc présents à l'accueil, selon le récit de l’aide-soignante, et demandent à contrôler son identité. "J’étais sous le choc. Je suis restée en retrait. Ma cadre leur a dit : 'Vous n’avez pas de réquisition, vous ne pouvez rien faire.' Vu que je n’avais commis aucune infraction, ils ont fini par partir", indique l'intéressée : "Ça fait 15 ans que je travaille, je n’ai jamais vu ça. Je n’en reviens toujours pas."
Signalement au procureur
Une situation qui a fait réagir le syndicat Usap-CGT de l'AP-HP : "Face à ces pressions et aux menaces d’interpellation, les collègues présents se sont rassemblés pour soutenir leur collègue et rappeler le cadre légal d’exercice des professionnels hospitaliers." Le syndicat demande notamment "l’ouverture immédiate d’une enquête administrative interne", "des clarifications sur le cadre d’intervention des forces de l'ordre au sein des services hospitaliers", ainsi que "des garanties formelles pour que de tels faits ne puissent se reproduire".
Le député de la circonscription Aly Diouara (LFI) a exprimé son soutien à l'aide-soignante, ainsi qu'à ses collègues, sur son compte X : "Les événements survenus aux urgences de l’hôpital Avicenne constituent un précédent extrêmement préoccupant", s'est-il inquiété. Dans un précédent tweet, il a indiqué avoir adressé un signalement au procureur de la République.
[avec Le Parisien]
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