Convoqué devant la chambre disciplinaire de l’Ordre, le Pr Raoult dénonce "le procès de la réussite"

05/11/2021 Par Louise Claereboudt
Faits divers / Justice
Visé par deux plaintes, l’infectiologue marseillais était entendu ce vendredi 5 novembre par la chambre disciplinaire de l'Ordre des médecins de Nouvelle-Aquitaine, à Bordeaux.

  Contrairement à ce qui avait été laissé entendre, le Pr Didier Raoult a répondu ce vendredi à sa convocation devant la chambre disciplinaire de l’Ordre des médecins de Nouvelle-Aquitaine. Audience qui s’est déroulée exceptionnellement à la cour administrative d’appel de Bordeaux, les plaintes le visant ayant été délocalisées. Visé par deux plaintes déposées fin 2020 – l’une du CDOM des Bouches-du-Rhône, l’autre du Conseil national de l’Ordre (Cnom) – l’infectiologue marseillais a dû répondre aux accusations de manquements au Code de déontologie médicale lors de l’épidémie de Covid-19, durant laquelle il a promu le recours à l’hydroxychloroquine malgré les recommandations des autorités sanitaires. Selon la rapporteuse de la chambre disciplinaire, la promotion de l’hydroxychloroquine pour traiter le Covid "sans données scientifiques établies" s’apparente à du "charlatanisme". Il lui est également reproché d’avoir pris des "risques inconsidérés" en soignant des patients avec ce traitement "non éprouvé par la science" et d’avoir "manqué à son devoir de confraternité" envers d’autres médecins. Face à Pierre Larroumec, président à la Cour administrative d'appel, et 8 médecins de la chambre disciplinaire, le directeur de l’IHU Méditerranée Infection a déploré que soit fait "le procès de la réussite". "Ce sont les médecins qui se plaignent de nous, pas les patients", a-t-il dit, assurant avoir reçu "plus de 600 000 patients" à l’IHU pendant la crise, "sans aucune plainte". Ce dernier a par ailleurs maintenu "la réussite" de son traitement, alors que, dehors, une trentaine de personnes s’étaient réunies pour le soutenir. "J'entends dire que je manque de modestie, peut-être que c'est vrai", a admis l’infectiologue. "Je suis le deuxième homme le plus cité de ce pays dans le domaine de la science." Son avocat, Me Di Vizio, ajoutant que son client était régulièrement en communication avec Emmanuel Macron.

"On a commencé à faire des milliers de PCR, et ce en premier, alors que le Conseil scientifique de l'époque ne souhaitait pas faire de tests à grande échelle", a-t-il ajouté, soutenant que "le ministre Véran disait 'Didier, il n'y a pas de variant'". Selon Me Fabrice Di Vizio, le Pr Raoult est jugé "comme un criminel". Ce dernier n’aurait aucunement dénigré la profession, ajoute-t-il, mais, au contraire, aurait permis, grâce aux communications de l’IHU de mettre en évidence l’intérêt de "recourir à des tests massifs de patients" ou d’identifier "la problématique des cycles" du virus pour mieux gérer la crise sanitaire en France. "Tout cela n'est qu'un problème de personne, quelle que soit la décision que vous allez prendre, elle sera mauvaise", a lancé son avocat aux membres de la chambre. Une autre plainte pour non-confraternité, cette fois déposée par le Pr Raoult lui-même à l’encontre du vice-président de l’ordre des médecins des Bouches-du-Rhône, Guillaume Gorincour, a elle aussi été étudiée par la chambre disciplinaire. Les décisions résultant des deux audiences ont été mises en délibéré et seront publiées le 3 décembre.   [avec BFMTV et AFP]

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