Amputée après une infection nosocomiale : un hôpital condamné à verser 270.000 euros à une patiente

23/12/2021 Par Sandy Bonin
Faits divers / Justice
Cela devait être une opération pour une simple luxation de la cheville. Une patiente hospitalisée dans le Centre Hospitalier Régional et Universitaire (CHRU) de Tours (Indre-et-Loire) avait contracté une infection nosocomiale en 2014 et avait dû être amputée. L'hôpital vient d'être condamné à lui verser 270.000 euros.

  La cour administrative d'appel de Nantes (Loire-Atlantique) a récemment condamné le Centre Hospitalier Régional et Universitaire (CHRU) de Tours (Indre-et-Loire) à verser un total de plus de 270 000 euros à une ancienne patiente victime d'une infection nosocomiale lors d'une opération, ce qui avait conduit à l'amputation d'une partie de sa jambe gauche. Victime d’une luxation de la cheville le 16 novembre 2010, la patiente– alors âgée de 39 ans – avait été hospitalisée deux fois d’abord à Poitiers (Vienne) en 2012, puis deux autres fois à Tours en 2014. L’infection nosocomiale avait finalement été contractée lors de cette quatrième et dernière opération.

La jeune femme, aide-soignante de profession, avait ensuite été en proie à des "douleurs permanentes, insomniantes (et) inflammatoires", et n'avait pas eu d'autre choix que de demander une amputation du membre atteint. La cour d'appel a confirmé le principe de la responsabilité du centre hospitalier régional universitaire de Tours : cette opération "communément pratiquée" et "ne présentant pas de risque particulier" aurait dû permettre à l’ancienne aide-soignante de "recouvrer une grande partie de ses capacités fonctionnelles", selon eux. Considérant notamment que le handicap dont souffre désormais cette dernière "vient limiter les possibilités de reclassement professionnel qui sera nécessairement sédentaire", la cour administrative d'appel de Nantes a ainsi réhaussé l'indemnité principale de 30 000 euros. Elle a également jugé que le CHRU de Tours devrait payer "les 'frais futurs' nécessaires à l’adaptation de son véhicule et les frais d’expertise", estimés à 3160 euros, ainsi que les "frais d'avocat" de la plaignante, évalués à 1500 euros. Au total, c'est donc un peu plus de 271 000 euros que devra verser le centre hospitalier à la victime. [Avec Actu.fr]  

Faut-il supprimer les ARS ?

Marie GILARDI

Marie GILARDI

Oui

Leur communication est opaque Ils ne comprennent rien au terrain Ils ont une logique comptable Ils ont et ont participé à la... Lire plus

1 débatteur en ligne1 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Témoignage
"Ma concentration ne dépassait pas les 30 minutes" : médecin généraliste, elle raconte "l'enfer" de son burn...
15/04/2026
21
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
15
Psychiatrie
"La caisse me réclame plus de 40.000 euros" : le combat d'un psychiatre pour des prescriptions basées sur les...
08/04/2026
20
Maladies rares
Qu’est-ce que le syndrome de Moersch-Woltman, dont est atteinte Céline Dion ?
01/04/2026
14
Déontologie
"On m'a sali alors que je n'ai fait que rendre service" : un médecin retraité jugé pour avoir continué à...
10/03/2026
0
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2