"Pour la première fois depuis 2020, l'activité progresse à nouveau à l'hôpital public", se réjouit la FHF

17/01/2024 Par Louise Claereboudt
À l'occasion de sa cérémonie des vœux, ce mardi 16 janvier, le président de la Fédération hospitalière de France a appelé le nouveau Gouvernement à soutenir les signaux positifs observés en 2023 dans les établissements publics. "L'enjeu est vital", a averti Arnaud Robinet.

  Alors que près de 9 millions de Français avaient les yeux rivés sur leur téléviseur pour écouter le discours d'Emmanuel Macron, le monde hospitalier se réunissait, ce mardi soir, à la cité universitaire de Paris à l'occasion de la présentation des vœux de la nouvelle année de la Fédération hospitalière de France. Et "quelle année !", a d'emblée souligné son président, Arnaud Robinet. À quelques mois des JO de Paris 2024, "la FHF se mobilisera pour placer la santé, la prévention, et nos établissements au cœur des Jeux", a-t-il déclaré. Dans les prochains jours, la fédération doit ainsi présenter une série de propositions "en matière de sport-santé", mais aussi des actions "pour valoriser la pratique sportive, notamment pour les personnes en perte d'autonomie". "Hasard de l'histoire", la FHF fête le centenaire de son existence* cette année. "La naissance de notre fédération, précurseure, était l'écho de ce besoin de structuration, de coopération entre hôpitaux, de ce besoin d'une politique de santé cohérente pour notre pays", a rappelé Arnaud Robinet. "Partenaire exigeant des pouvoirs publics", la FHF entend continuer de "bâtir la santé de demain". "Nous affirmons avec constance l'absolue nécessité d'un service public fort et à sa place, ouvert sur son territoire, et qui travaille chaque jour davantage avec les professionnels de ville, les patients et les élus", mais aussi avec le secteur privé, avec lequel "les contraintes doivent obligatoirement être partagées", a ajouté Arnaud Robinet, s'adressant à Lamine Gharbi, président de la FHP. "La crise que notre système de santé traverse depuis plusieurs années est un défi qui nous est collectivement lancé – public, privé, médecine de ville – mais auquel nous tâchons de répondre chaque jour grâce à l'engagement remarquable des professionnels de santé", a salué le président de la FHF, qui promet de continuer le "combat" pour garantir à ce "service public", "les moyens de ses missions". "Des tensions subsistent en termes d'effectifs et les difficultés budgétaires sont évidemment majeures, autant pour les hôpitaux que pour les structures médico-sociales publiques. Ces deux sujets sont deux priorités absolues", a martelé Arnaud Robinet.

  "Les établissements attendent un soutien clair dans la durée" Après l'annonce par Aurélien Rousseau du "dégel intégral", la FHF se montre déterminée à "obtenir la restitution intégrale de la sous-exécution de l'Ondam pour l'hôpital public et un financement supplémentaire pour compenser les surcoûts de l'inflation". "Il n'est pas excessif de dire que l'enjeu est vital pour l'hôpital public puisqu'il avoisine les 2 milliards d'euros", a souligné son président. Soutien d'autant plus nécessaire que des signaux "positifs" ont été observés dans les établissements publics et ce, malgré une "année difficile" : "Pour la première fois depuis 2020, l'activité progresse à nouveau à l'hôpital public, et entame son redressement dans les structures médico-sociales", s'est réjoui Arnaud Robinet. En outre, "si la situation est évidemment contrastée sur le territoire, le taux de vacance de poste a diminué pour les infirmiers dans de nombreux établissements".

Le président de la FHF a rappelé que des réformes importantes demandées de longue date par la fédération sont intervenues en 2023, comme la revalorisation du travail de nuit, des dimanches et des jours fériés. Mais "les établissements attendent un soutien clair dans la durée", a lancé Arnaud Robinet. Et "ce ne sont pas les 32 milliards d'euros annoncés récemment qui vont répondre à cet enjeu", a regretté le président de la FHF, taclant le "coup de com'" de Gabriel Attal sur l'hôpital. "Ces 32 milliards ont été annoncés et inscrits dans la loi de programmation des finances publiques pour répondre sur cinq ans" à plusieurs enjeux, a-t-il rappelé. "Sur ces cinq ans, ces 32 milliards ne représentent pour l'hôpital public qu'environ 3 milliards d'euros…, a-t-il déploré. Le combat n'est pas terminé, nous allons être exigeants : il en va de l'avenir de l'hôpital public et notre système de santé." Enfin, le président de la FHF a indiqué qu'il continuerait à défendre "la nécessité d'avoir un cadre clair pour la santé et l'autonomie à cinq ans", autour de "priorités assumées : financement, démographie des professions de santé, prévention, territorialisation, et recherche et innovation". Dans ce cadre, la FHF va lancer des groupes de réflexion, dont les réflexions seront présentées lors du salon SantExpo (qui aura lieu du 21 au 23 mai prochain) et devront "nous permettre de réaffirmer des principes forts et structurants pour la santé". La FHF contribuera aussi "à chaque étape avec la plus grande détermination aux réformes en cours", a ajouté son président, citant l'AME, la fin de vie, la réforme du financement, mais aussi la loi de programmation pour le Grand âge, "qui doit être adoptée en 2024". "Nous comptons sur le nouveau Gouvernement pour en confirmer le principe et les ambitions, a déclaré Arnaud Robinet. La question du financement de nos Ehpad relève comme pour l'hôpital d'une urgence absolue." Le président de la FHF s'est montré confiant en l'avenir. "Nous avons déjà commencé d'échanger avec la ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités, Catherine Vautrin, que je connais très bien, a indiqué Arnaud Robinet, vice-président du Grand Reims, dont la présidence était assurée par Catherine Vautrin jusqu'à ce mardi 16 juin – date de sa démission officielle. Je suis certain qu'elle saura être à l'écoute des établissements publics et de l'ensemble des acteurs du système de santé."   *Pour l'occasion, une exposition revenant sur l'histoire de la FHF sera présentée en avril prochain à la cité des sciences et de l'industrie.

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Valérie Briole

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Chirurgie générale
il y a 6 mois
parce que pendant le COVID,ils ne travaillaient pas?...Lire plus
 
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