Plus de 1000 médecins du privé réclament une équité de traitement avec leurs confrères du public

24/10/2023 Par Louise Claereboudt
Dans une lettre ouverte adressée à la Première ministre, 127 présidents de CME et 1 018 médecins exerçant au sein d’hôpitaux privés dénoncent une différence de traitement entre le secteur privé et le public. Ils demandent à être mieux rémunérés pour leurs missions : gardes, permanence des soins, prise en charge des urgences…  

 

"Les hôpitaux privés, en couvrant plus de 80% de la population, constituent un acteur à part entière du service public de santé, aux côtés des hôpitaux publics. Et pourtant, notre rôle dans l’offre de santé en France, dans tous les territoires et pour tous les patients, est aujourd’hui sous-estimé par les pouvoirs publics et trop souvent caricaturé", déplorent les 127 présidents de CME (Commission médicale d'établissement) et 1 018 médecins signataires de cette lettre ouverte, publiée lundi 23 octobre dans le Figaro

S’adressant à la Première ministre, Elisabeth Borne, ces anesthésistes, oncologues, chirurgiens de toutes spécialités, urgentistes, médecins en soins palliatifs ou encore obstétriciens rappellent qu’ils sont "fiers" de travailler dans les 1 000 hôpitaux privés qui constituent à leur yeux "un maillon indispensable de l’offre de soins". "Nous réalisons plus de la moitié de la chirurgie en France, 40% de la chirurgie du cancer, plus du tiers des chimiothérapies, plus de 20% des soins palliatifs", écrivent-ils. 

Et d’ajouter : "Nous sommes présents à toutes les étapes du parcours de soins, de la prévention à l’hospitalisation à domicile, et sommes particulièrement engagés dans la prise en charge des pathologies chroniques : 40% des patients qui en souffrent sont désormais pris en charge dans les établissements privés", font-ils valoir.  

En outre, "nous sommes des acteurs investis au quotidien dans la permanence des soins et la prise en charge des urgences. […] Nous sommes de garde la nuit, le dimanche, les jours fériés, et assurons la prise en charge d’urgence de 3 millions de patients chaque année", poursuivent les signataires. 

Ces derniers assurent par ailleurs endosser un rôle dans l’accès aux soins de tous les Français, soulignant que "la moitié des médecins du secteur hospitalier privé ne pratiquent pas de dépassement d’honoraire" et que "20%" des patients bénéficiant de la CMU ou de l’AME sont "pris en charge dans les établissements privés". 

"Nous voulons vous rappeler toutes ces évidences de manière forte parce qu’aujourd’hui […] nous avons le sentiment que la tentation des pouvoirs publics de multiplier les différences de traitement entre le public et le privé n’a jamais été aussi grande, et avec l’idée qu’au fond, nous autres, les médecins exerçant dans les hôpitaux privés, nous ne concourons pas de la même manière au service public de santé", regrettent-ils, amèrement. 

Ces derniers font en effet part de leur incompréhension à plusieurs égards. "Nous ne comprenons pas pourquoi les personnels soignants des établissements privés avec lesquels nous travaillons tous les jours sont laissés à l’écart des mesures de revalorisation salariale" s’appliquant à leurs confrères du public, et ce alors "qu’ils sont déjà moins rémunérés". Aussi, "nous ne comprenons pas pourquoi, quand nous faisons de la permanence des soins, il est si difficile d’obtenir la juste rémunération pour les heures de nuit, du dimanche et des jours". 

 

 

"Nous sommes des médecins, nous ne sommes pas des gestionnaires, tiennent-ils à rappeler à la cheffe du Gouvernement. Mais nous savons que ce qui est en jeu aujourd’hui, derrière des décisions d’apparence technique et budgétaire, c’est notre capacité à continuer d’assurer notre mission d’acteurs essentiels de la santé dans l’ensemble des régions de France." 

 

[avec Le Figaro] 

 
Vignette
Vignette

4 commentaires
11 débatteurs en ligne11 en ligne
Photo de profil de Michel Rivoal
5,7 k points
Débatteur Passionné
Anesthésie-réanimation
il y a 8 mois
Difficile de faire des comparaisons car les situations sont très hétérogènes. Les rémunérations fixes moyennes des praticiens du public sont plutôt inférieures (qq centaines d'€) à celles du privé ...Lire plus
Photo de profil de Patrick Tognon
204 points
Médecine d’urgence
il y a 8 mois
Ils ne manquent pas de culot alors qu'ils gagnent 3fois plus que dans le public!...Lire plus

La sélection de la rédaction

Podcast Vie de famille
Le "pas de côté" d'un éminent cardiologue pour comprendre le cheminement de son fils apprenti chamane
17/05/2024
0
Rémunération
"Les pouvoirs publics n'ont plus le choix" : les centres de santé inquiets de l'avenir de leur modèle...
07/05/2024
3
Infirmières
Les infirmières Asalée sauvées?
16/04/2024
3
Pneumologie
Asthme de l’enfant avant 3 ans : une entité particulière
19/04/2024
0
Neurologie
Syndrome de Guillain-Barré : une urgence diagnostique et thérapeutique
04/04/2024
0
Santé publique
Ce qui se cache derrière la hausse inquiétante de l'infertilité
13/03/2024
17