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Moins de fermetures de lits, baisse de l'absentéisme… Des avancées "encourageantes" pour l'hôpital public "mais qui ne suffisent pas"

Alors que plus de 9 Français sur 10 considèrent que l'hôpital est en danger, la Fédération hospitalière de France (FHF) fait état d'un bilan mitigé pour l'hôpital dont la situation financière ne cesse de s'aggraver. Pour autant, des avancées notables sont à relever notamment sur le nombre de séjours ou encore sur les baisses de fermetures de lits.  

18/03/2025 Par Sandy Bonin
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"L'activité hospitalière publique est dynamique avec un nombre de lits fermés en diminution. La dette de santé publique commence à se résorber même si des efforts restent nécessaires. Il y a eu une progression d'environ 22% de la rémunération moyenne brut, tous métiers non médicaux confondus depuis 2020. Ces avancées sont encourageantes. Elles montrent que des mesures concrètes ont été prises, mais elles ne suffisent pas", a pointé Arnaud Robinet, président de la FHF en préambule d'une conférence de presse, lundi 17 mars. Un enthousiasme rapidement nuancé devant les "défis structurels [qui] persistent et fragilisent notre système de santé".

Selon le baromètre annuel de la FHF, dévoilé ce lundi, le nombre de séjours hospitaliers a augmenté de 3,7% en 2024, et même de 4,6% à l'hôpital public. La FHF constate un élément nouveau en 2024 avec la reprise de l'activité des séjours avec nuitées (+2% à l'hôpital public qui assume 70% des séjours avec nuitées). 

Pour la première fois depuis 2020, la "dette de santé publique" (nombre de séjours n'ayant pas pu être réalisés en cumulé depuis 2020) s'est "résorbée", atteignant trois millions de séjours (contre 3,5 millions en 2023). L'activité de chirurgie avec nuitées amorce également une reprise notable dans le secteur public (+1,8%) et l'activité ambulatoire maintient son dynamisme (+8,7% à l'hôpital public).

Le niveau d'activité a été "supérieur au niveau attendu" (par rapport à l'activité de 2019) d'environ 516 000 séjours. La FHF relève effectivement un sous-recours cumulé de 3,5 millions de séjours​ sur la période de 2019 à 2023. 

En médecine, la FHF observe un "sous-recours" sur les prises en charge digestives (-8%), la cardiologie (-10%), le système nerveux (-9%) et la rhumatologie (-8%), particulièrement chez les plus de 70 ans, et d'autant plus chez les plus de 85 ans.

 Le taux de fermeture des lits pour raisons dites "conjoncturelles" a diminué dans le secteur public, passant de -7% en 2023 à -5,7% en 2024. Pour autant, 37% des hôpitaux se sont déclarés "hôpital en tension" en 2024, et ont dû prendre des mesures adaptées, dont des fermetures de lits. La fermeture de lits ponctuels face aux difficultés a concerné une large majorité des centres hospitaliers. Seuls 26% des répondants indiquent n'avoir fermé aucun lit en MCO (médecine, chirurgie et obstétrique).

 Sur le plan financier, "tous les voyants sont au rouge écarlate". Le déficit des hôpitaux publics a atteint 2,8 milliards d'euros fin 2024, a déploré Arnaud Robinet. "Face à cette situation, l'immobilisme n'a pas sa place. L'hôpital public doit être soutenu massivement et nous devons repenser le pilotage de nos politiques de santé pour sécuriser des financements à la hauteur des besoins pour l'avenir", a-t-il tonné. 

Le président de la FHF appelle à défendre notre "bouclier sanitaire face aux crises" en activant dès à présent quatre leviers stratégiques. Il demande donc de sanctuariser le budget de la santé, de protéger et de renforcer notre industrie de santé. Il réclame également un effort de formation et de recherche orienté vers la résilience nationale​ et un renforcement de la cybersécurité des hôpitaux. "Protéger notre hôpital public, c’est protéger notre population. ​C’est un impératif de souveraineté", appuie-t-il. 

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MICHEL BANVILLET

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16 débatteurs en ligne16 en ligne
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Débatteur Passionné
Anesthésie-réanimation
il y a 1 an
Ça me rappelle une phrase alambiquée comme aimait les formuler J.P. Raffarin du genre "la tendance haussière est à la baisse" (suis pas sûr de l'exactitude de la phrase). On ferme moins de lits (est ce que ça veut dire qu'on en rouvre ou qu'on en ferme encore, mais moins?)! On rattrape le retard des séjours non effectués... En budget ou en soins aux personnes "dégagées" lors des plans blancs? Et je passe sur l'absentéisme et les déficits budgétaires comme si les bon chiffres de l'un pouvait compenser les mauvais de l'autre. C'est l'avantage d'un langage abscons, courant chez les politiques, et dont se sert la FHF pour pouvoir affirmer tout et son contraire et prétendre que ça ne va pas si mal, puisque ça aurait pu être pire.
Photo de profil de HENRI BASPEYRE
15,2 k points
Résistant
Chirurgie générale
il y a 1 an
donc,on continue à fermer des lits? on ne change pas 1 politique nuisible,on la renforce!
 
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