Méprisés par le gouvernement, les hospitaliers de Polynésie cessent toute activité

08/11/2017 Par Aveline Marques

Manque de médecins, inégalités salariales avec l'Hexagone, silence des tutelles… Les 150 médecins du CH de Tahiti et les médecins des îles ont fait tomber la blouse hier matin. Cette fois, "ils ne lâcheront rien".

Depuis 2009, ils ont déjà fait grève à cinq reprises. Chaque mouvement a donné lieu à la signature d'un protocole… qui n'a jamais été appliqué. "Il n'est plus question de négocier", prévient dans un communiqué Marc Lévy, président du Syndicat des praticiens hospitaliers de Polynésie française, qui rassemble 75% des médecins titulaires du CH de Polynésie française. Les grévistes ont été ulcérés par le silence des ministères de tutelle. "C’est la première fois qu’aucun ministre ne prend la peine de recevoir le syndicat alors même que la loi stipule que les parties sont tenues de négocier lors d’un préavis de grève", s'indigne Marc Lévy. Les hospitaliers ont pourtant accumulé les griefs : absence de reprise d'ancienneté à l'embauche, contrairement à ce qui se pratique dans l'Hexagone, insuffisance des cotisations retraite, permanence des soins non conformes, et surtout manque de médecins (51 postes vacants). Du fait du manque d'attractivité, en effet, les hôpitaux de Polynésie peinent à recruter. La situation est particulièrement critique en radiologie. Dans le service de radiologie de Pirae, qui cherche à recruter par le biais de concours, aucun candidat ne s’est présenté. “Les médecins sont lents à la détente car tous pensent prioritairement à leurs patients lourds et aux soins dont ils ont besoin. Mais aujourd’hui, dans tous les services, c’est le même état d’esprit. Ils ne lâcheront plus rien”, affirme Marc Lévy. La grève a démarré ce mardi par l'annulation des consultations et opérations programmées. Le conflit pourrait s'enliser. Les grévistes ne réclament rien de moins qu'un accord signé avec le Président de la Polynésie. [avec ladepeche.fr]

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