"L’intérim est un cancer pour l’hôpital", estime Frédéric Valletoux

07/06/2022 Par Aveline Marques
Alors que la crise des urgences et de l’hôpital prend chaque jour de l’ampleur, la question de l’intérim médical et paramédical ressurgit. Après Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP, c’est au tour de Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France, de dénoncer un mode d’exercice qui "fragilise" l’hôpital. 

 

"Il faut bien dire les mots : l’intérim c’est un cancer pour l’hôpital, puisque ça le déstabilise, à la fois financièrement mais aussi au-delà, dans ses organisations et dans la qualité de la prise en charge", a lancé ce mardi matin sur RTL Frédéric Valletoux, président de la FHF. Si l’on ne dispose pas de chiffres récents et précis sur le nombre de médecins intérimaires, le représentant de l’hôpital public estime qu’il a sans doute doublé en dix ans, représentant aujourd’hui 10.000 médecins. Un statut rendu plus attractif encore depuis la crise du Covid et qui "a gagné aussi les professions paramédicales". Infirmières, aides-soignantes… "beaucoup de personnels utilisent cette drogue douce de l’intérim, qui nous met dans une situation absolument terrible", avait dénoncé Martin Hirsch le 30 mai dernier sur France Inter. 

"Il faut bien comprendre qu’aujourd’hui il n’y a plus de plus-value à être fonctionnaire hospitalier, a fait valoir Thierry Amouroux, porte-parole du Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI) sur RTL. Vous êtes moins bien payé que si vous êtes fonctionnaire et vous êtes des pions transposables d’un service à l’autre, d’un horaire à l’autre." "A la fin d’une journée de 8h, on peut nous demander d’enchainer parce qu’il manque quelqu’un", a-t-il ajouté, dénonçant les multiples "rappels sur repos" ou encore le fractionnement des congés, qui constituent pour lui "une maltraitance institutionnelle très grave". 

S’il reconnaît que l’intérim n’est que le symptôme des "difficultés" profondes du système de santé, Frédéric Valletoux juge que ce mode d’exercice aggrave encore la situation. "Ce n’est pas mieux de voir un intérimaire qui ne connaît pas l’hôpital, qui ne connaît pas le service, qui ne connaît pas les patients, débarquer et gagner 2 à 3 fois plus. En termes de qualité de service et de qualité de prise en charge, l’intérim n’est pas un bon statut", souligne le président de la FHF. 

Reste à savoir si la "mission flash" sur la crise des urgences confiée au Pr François Braun s’attaquera à la problématique de l’intérim, et notamment de l’intérim médical, que la loi n’a pas su réguler. 

[avec RTL.fr

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