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Mortalité infantile en France : un rapport de l'Igas ne juge pas pertinent la fermeture des petites maternités

Un rapport de l'Igas sur la mortalité infantile en France daté de janvier vient seulement d'être publié, après la publication d'un article du Canard Enchaîné révélant son existence.

06/08/2026 Par Sandy Bonin
Politique de santé
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Le constat en lui-même est connu, déjà documenté par des autorités et agences : la France subit, en matière de mortalité des nouveaux-nés, "une dégradation sanitaire préoccupante, remontant à quinze ans", qui la met dans une "position internationale défavorable".

Autrefois bien placée parmi les pays développés, la France a reculé depuis le début des années 2010 vers le bas du classement, avec plus de quatre bébés sur 1 000 décédés avant leur premier anniversaire en 2024. En 2024, "les morts de 529 enfants dans leur première année auraient pu être évitées" pointe le rapport.

La cause n'est pas unique, rappellent les trois auteurs, parmi lesquels l'ancien conseiller de François Hollande, Aquilino Morelle, pour qui "le poids des facteurs d'ordre populationnel paraît déterminant, sans que l'on puisse lui apporter une pondération précise". Autrement dit, plusieurs facteurs jouent, sans savoir à quel point: l'âge de plus en plus tardif des grossesses, qui augmente le risque de complication, la hausse des grossesses multiples, souvent plus complexes...

S'y ajoute un rôle prépondérant des inégalités sociales et territoriales qui amplifient, de manière de plus en plus documentée, le risque de décès du nouveau-né ou de sa mère. Le rapport rappelle que les régions d'outre-mer, généralement plus défavorisées, enregistrent ainsi les chiffres les plus préoccupants. La situation s'est aussi dégradée en Île-de-France.

En revanche, les auteurs écartent l'hypothèse, souvent débattue, que les fermetures des petites maternités, en cours depuis plusieurs années, expliqueraient la hausse de la mortalité néonatale. Ils constatent que des pays observent de meilleures performances, certains en ayant concentré les naissances dans des grandes maternités - des pays
scandinaves - ou d'autres, au contraire, en conservant de petits établissements, notamment en Italie. "Dès lors, proposer (...) comme solution à un grave problème de santé publique, multiforme et multifactoriel, la seule hausse du seuil minimal d'activité des maternités", aujourd'hui situé à 300 accouchements par an, "constituerait une réponse mécanique, datée", selon eux.

Pour le rapport, "l'essentiel de la réduction des risques de mortalité infantile se joue" d'abord lors de la grossesse, "dans la capacité à prévenir, détecter puis prendre en charge les situations à risque" et après l'accouchement, dans celle "à prendre en charge les jeunes enfants dont l'état le requiert dans les services de néonatalogie".

Le ministère de la Santé a salué "un travail de fond, très riche, (qui) a vocation à alimenter le débat public".

Chez les soignants interrogés par l'AFP, médecins gynécologues et sages-femmes, les conclusions du rapport ne surprennent guère, mais sa publication discrète agace, alors que la ministre Stéphanie Rist promet depuis plusieurs mois d'agir.  "Le mois d'août, ce n'est pas propice aux lectures approfondies et exigeantes", regrette auprès Isabelle Derrendinger, présidente du conseil national de l'Ordre des Sages-Femmes, y voyant un choix "significatif de la façon dont on traite la périnatalité et la santé des femmes en France". 

Stéphanie Rist a, certes, annoncé début juillet plusieurs mesures, après des avis d'experts. Elles correspondent largement aux préconisations de l'Igas, avec la mise en place d'actions de prévention et la révision de décrets sur les soins périnataux, remontant aux années 1990 et largement jugés obsolètes. La question des maternités a, elle, été repoussée à octobre.

 

[Avec AFP]

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Michel Rivoal
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Plume
Anesthésie-réanimation
il y a 2 mois
Ben voilà, moi je ne suis pas statisticien, je ne suis pas médecin en santé publique je ne suis pas économiste et pas particulièrement sociologue. Je vous fais grâce de tout ce que je ne suis pas, j'en ai dit assez pour ce commentaire. En revanche, je m'informe, me documente et vis dans la société. Alors tordons le cou aux idées reçues et ne confondons pas causes et conséquences. Ce ne sont pas les "petites maternités" qui sont en cause, ni leur fermeture parfois justifiées, non pas parce qu'elles étaient petites mais parce qu'elles étaient mal dotées en personnel (obstétriciens, sage femmes, pédiatres, anesthésistes...) et cela reste vrai dans les plus grosses si "l'usine" manque de bras. Ce rapport est bien venu qui décrit la santé et les conditions sociales des femmes, déterminantes dans le risque néonatal. De même les grossesses tardives et éventuellement multiples. J'oserai rajouter le tabagisme, l'obésité, la précarité, la monoparentalité... Ce rapport ne suffit pas, du moins son constat. Malheureusement l'inversion de la tendance ne se fera que par l'amélioration des causes et rejoint le problème de la santé en général, l'organisation territoriale et la préoccupation des plus fragiles. C'est aussi dire se préoccuper de la santé des femmes récemment immigrées, légalement ou non puisque leurs enfants naissent sur le territoire français. Si le rapport traite à part les territoires d'outremer, l'effort ne doit pas s'arrêter à l'hexagone. Les chiffres sont aussi (plus) inquiétants et s'expliquent souvent de la même façon, là ou la précarité est la plus forte.
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MICHAEL FINAUD
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Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 1 mois
Les mouches changeraient-t-elles d'âne ? L'IGAS deviendrait raisonnable et pragmatique ? Les décideurs n'écouteraient plus les conseils de McKinsey° ? La fermeture de tous les établissements de santé polyvalents de proximité à taille humaine, que ce soient les maternités, les cliniques, les petits hôpitaux , les USLD gériatriques, au profit des énormes technostructures devenues ingérables, hyperspécialisées et inadaptées aux polypathologies des plus fragiles comme les CHU et les CAC, cela a été le drame et le mal français, il faudra plus de 30 ans pour le corriger si on s'y mettait véritablement. Tous les pays intelligents s'y sont mis et offrent des établissements polyvalents à taille humaine ( pas plus de 250 places ) à plateau technique réduit, de proximité dotés d'équipes mobiles ou de vecteurs transferts vers des centres hyperspécialisés centralisés. Les responsables de la planification et de la régulation de l'offre de soins en France mériteraient d'être remplaçés par des IA , cela nous ferait faire d'énormes économies.
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Voltaire MCDD
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Débatteur Passionné
Chirurgie orthopédique et traumatologie
il y a 2 mois
Dogme d'hier, hérésie d'aujourd'hui. A fixer une règle qui ne tient pas compte de la réalité du terrain et de la qualité des équipes l'on imagine qu'un grand pas en avant ne finit pas au fond du précipice pour ceux qui n'ont aucune vision de l'exercice d'un métier
 
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