Congés "enfant malade", grossesse… Les médecins hospitaliers veulent les mêmes droits que les fonctionnaires
Le SNPHARE réclame au ministère un alignement des droits des praticiens hospitaliers sur ceux des fonctionnaires de la fonction publique hospitalière, notamment en matière de parentalité. Une mesure visant à renforcer l'attractivité du statut.
"Les praticiens hospitaliers passent des heures à l’hôpital, le jour, la nuit, la semaine, les week-ends mais n'ont pas les mêmes droits que celles et ceux qui travaillent à leurs côtés et qui appartiennent à la fonction publique hospitalière (FPH), dénonce le Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes-réanimateurs élargi (SNPHARE). Ces différences, qui compliquent un peu plus la vie des praticiens, contribuent à faire fuir les médecins des services hospitaliers", estime-t-il.
A la suite de "nombreuses interrogations et demandes" des PH sur les "incohérences" entre les deux statuts, le syndicat a entrepris une "réflexion" sur le sujet. Suite à quoi il a formalisé une demande, adressée à la DGOS en janvier, pour décliner divers avantages octroyés aux fonctionnaires hospitaliers dans le statut de PH, "et idéalement dans l'ensemble des statuts (assistants, praticiens contractuels, statuts hospitalo-universitaires)". Ces demandes visent en priorité les jeunes praticiens, pour lesquels elles représentent des "mesures d'attractivité", explique le syndicat.
"Heure de grossesse"
Elles concernent en particulier la parentalité, et notamment le suivi de grossesse. "Aucune disposition n'est prévue pour faciliter le suivi de grossesse des praticiennes enceintes, à l'exception de l'autorisation très récente d'arrêter les gardes et astreintes dès le début de grossesse (arrêté du 8 juillet 2025), soulève le SNPHARE, qui relève des signaux alarmants chez les femmes médecins enceintes : un suivi insuffisant "deux fois plus fréquent que dans la population générale" et un début plus précoce du congé maternité, "principalement pour contractions utérines et/ou épuisement". Il réclame ainsi des autorisations spéciales d'absence (ASA) pour les rendez-vous médicaux et examens obligatoires, ainsi le bénéfice de l'"heure de grossesse", un dispositif de réduction du temps de travail journalier à partir du 3e mois.
Le SNPHARE souhaite également que les praticiennes puissent bénéficier de temps dédié pour tirer leur lait, une fois par jour, et deux en cas de garde. "La reprise du travail et surtout la participation à la permanence des soins provoquent souvent un arrêt contraint de l'allaitement", déplore à ce titre le syndicat.
L'organisation plaide en outre pour une harmonisation des congés pour événements familiaux : les praticiens n'ont droit à aucun jour "enfant malade" alors que leurs collègues de la FPH bénéficient de minimum 6 jours par an et ne peuvent prendre que 3 jours pour le décès d'un enfant, contre un minimum de 12 jours dans la FPH. "Une double peine", pointe le syndicat.
Le SNPHARE réclame, encore, le bénéfice pour les praticiens de l'indemnité de résidence, "comme pour tous les salariés participant au service public" et, enfin, des autorisations d'absence pour passer des concours. "Les jeunes praticiens doivent poser des congés pour passer le concours de PH", "un signal très péjoratif pour les candidats".
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