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Congés "enfant malade", grossesse… Les médecins hospitaliers veulent les mêmes droits que les fonctionnaires

Le SNPHARE réclame au ministère un alignement des droits des praticiens hospitaliers sur ceux des fonctionnaires de la fonction publique hospitalière, notamment en matière de parentalité. Une mesure visant à renforcer l'attractivité du statut.

09/02/2026 Par Aveline Marques
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"Les praticiens hospitaliers passent des heures à l’hôpital, le jour, la nuit, la semaine, les week-ends mais n'ont pas les mêmes droits que celles et ceux qui travaillent à leurs côtés et qui appartiennent à la fonction publique hospitalière (FPH), dénonce le Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes-réanimateurs élargi (SNPHARE). Ces différences, qui compliquent un peu plus la vie des praticiens, contribuent à faire fuir les médecins des services hospitaliers", estime-t-il.

A la suite de "nombreuses interrogations et demandes" des PH sur les "incohérences" entre les deux statuts, le syndicat a entrepris une "réflexion" sur le sujet. Suite à quoi il a formalisé une demande, adressée à la DGOS en janvier, pour décliner divers avantages octroyés aux fonctionnaires hospitaliers dans le statut de PH, "et idéalement dans l'ensemble des statuts (assistants, praticiens contractuels, statuts hospitalo-universitaires)". Ces demandes visent en priorité les jeunes praticiens, pour lesquels elles représentent des "mesures d'attractivité", explique le syndicat.

"Heure de grossesse"

Elles concernent en particulier la parentalité, et notamment le suivi de grossesse. "Aucune disposition n'est prévue pour faciliter le suivi de grossesse des praticiennes enceintes, à l'exception de l'autorisation très récente d'arrêter les gardes et astreintes dès le début de grossesse (arrêté du 8 juillet 2025), soulève le SNPHARE, qui relève des signaux alarmants chez les femmes médecins enceintes : un suivi insuffisant "deux fois plus fréquent que dans la population générale" et un début plus précoce du congé maternité, "principalement pour contractions utérines et/ou épuisement". Il réclame ainsi des autorisations spéciales d'absence (ASA) pour les rendez-vous médicaux et examens obligatoires, ainsi le bénéfice de l'"heure de grossesse", un dispositif de réduction du temps de travail journalier à partir du 3e mois.

Le SNPHARE souhaite également que les praticiennes puissent bénéficier de temps dédié pour tirer leur lait, une fois par jour, et deux en cas de garde. "La reprise du travail et surtout la participation à la permanence des soins provoquent souvent un arrêt contraint de l'allaitement", déplore à ce titre le syndicat.

L'organisation plaide en outre pour une harmonisation des congés pour événements familiaux : les praticiens n'ont droit à aucun jour "enfant malade" alors que leurs collègues de la FPH bénéficient de minimum 6 jours par an et ne peuvent prendre que 3 jours pour le décès d'un enfant, contre un minimum de 12 jours dans la FPH. "Une double peine", pointe le syndicat.

Le SNPHARE réclame, encore, le bénéfice pour les praticiens de l'indemnité de résidence, "comme pour tous les salariés participant au service public" et, enfin, des autorisations d'absence pour passer des concours. "Les jeunes praticiens doivent poser des congés pour passer le concours de PH", "un signal très péjoratif pour les candidats".

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3 débatteurs en ligne3 en ligne
Photo de profil de ROMAIN L
18,7 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 1 mois
Je n'ai rien contre mes collègues hospitaliers. Mais cette course folle aux droits sociaux est l'une des causes principales de l'effondrement de nos sociétés occidentales : plus personne ne veut ni travailler ni faire d'enfants, mais tout le monde veut toujours plus de confort de vie. Ce n'est pas tenable. OK pour une politique nataliste car nous avons aujourd'hui une balance négative. Mais il va falloir rogner sur le reste : se calmer sur les indemnités de congé maladie, se calmer sur le montant des retraites, se calmer sur la santé gratuite, se calmer sur le libre échange, se calmer sur le droit du travail. Un pays sans production et sans enfants est voué à mourir. Il y a urgence. Aujourd'hui, je n'entends ces évidences dans la bouche d'aucun politicien. Ca va mal finir.
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3,6 k points
Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 1 mois
Certains seraient donc des privilégiés bardés d'un statut de "fonctionnaire" qui serait refusé aux autres ? et sous quel prétexte ? Peut-être que parce que l'Etat-Providence n'ayant plus les moyens de gâter davantage de personnels à sa botte (notamment électorale), il a fermé les écoutilles de l'intégration "publique" au clan des privilégiés tous azimuts et laisse les nouveaux entrants soignants hospitaliers dans un statut dégradé moins onéreux et moins récriminateur de privilèges toujours supplémentaires; comme à la SNCF, chez EDF et dans l'enseignement national où les nouveaux arrivants exercent sous des contrats plus sévères, voire plus précaires. Egalité, fraternité . . . paraît-il ? Plutôt PONZI ! comme dans tous les systèmes "publics" collectivistes où la "solidarité" des algorithmes de la "répartition" s'affiche dans l'espace d'une ou deux générations en tournant le dos aux suivantes .
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2,6 k points
Débatteur Passionné
Ophtalmologie
il y a 1 mois
Pour finir comme dans le sketch de Coluche, la pendule est le seul objet qui ne risque pas d'être volé, tout le monde a les yeux rivés dessus ...
 
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