Moins de 4 infirmières sur 10 recommandent leur métier

15/03/2024 Par Louise Claereboudt
Paramédicaux
Une consultation réalisée par l'Ordre infirmier révèle que seules 37% des infirmières recommanderaient à une personne de leur entourage de faire ce métier. Un "désenchantement" en grande partie expliqué par la formation, selon l'instance ordinale.  
 

Alors que doivent s'ouvrir des travaux sur le décret infirmier, devant conduire entre autres à une refonte de la formation, l'Ordre infirmier a souhaité consulter le terrain afin de recueillir sa perception de la formation actuelle et du métier. 35 339 infirmières, dont 10 337 diplômées depuis moins de 10 ans, ont répondu à son enquête, menée du 8 au 22 décembre 2023. Il en ressort une forme de "désenchantement" de la profession, qui s'explique, pour une jeune diplômée sur deux, par une formation lacunaire. Ainsi, seules 37% des infirmières recommanderaient à un membre de leur entourage de faire ce métier. "Cette situation intervient rapidement dans les carrières car seuls 47% des diplômés de moins de cinq ans le recommanderaient", peut-on lire dans la synthèse de la consultation

Une infirmière sur deux juge que les missions qui lui sont confiées sur le terrain "vont au-delà du contenu de l'enseignement théorique" délivré durant leur formation. Un sentiment partagé par 63% des infirmières diplômées depuis moins de 10 ans, indique l'Ordre qui plaide pour une réforme du décret infirmier "en passant d’un décret d’actes à un décret de missions". "Il reflètera l’activité réelle et quotidienne des infirmiers auprès des patients", justifie-t-il. 

L'instance suggère également de diversifier les lieux de stages "selon le projet professionnel en modulant et en adaptant les périodes dédiées", mais aussi de renforcer les passerelles "afin de décloisonner les différents parcours santé et favoriser l’évolution professionnelle". 

Ces manquements dans la formation représentent un risque de fuite des étudiantes. Ainsi, 41% des répondantes disent avoir songé à abandonner leurs études (67% chez les jeunes diplômées de moins de 5 ans). Sept infirmières sur dix auraient souhaité "un accompagnement plus important au cours de leurs études". Et près de 30% des infirmières (et 41% de celles diplômées depuis moins de 10 ans) disent ne pas avoir été assez encadrées et soutenues "depuis leurs premiers pas au contact des patients". L'Ordre infirmier propose ainsi à prévoir un accompagnement plus personnalisé des étudiants au cours de leur stage. 

Enfin, 87% des infirmières sondées aimeraient que les acquis professionnels soient davantage pris en compte à travers la validation des acquis de l'expérience ou la validation des acquis professionnels. L'Ordre infirmier plaide en ce sens, et appelle au déploiement de la certification périodique des professionnels de santé. 

5 débatteurs en ligne5 en ligne
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HENRI BASPEYRE
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Résistant
Chirurgie générale
il y a 2 ans
on parle des vraies IDE! mais les différents gouvernements ont créé de véritables bataillons d'IDE à la botte du dirlo pour surveiller les médecins,qui sont nécessairement des délinquants pour les gratte-papiers! elles sont 1 personnel de renseignement pour le dirlo qui ne comprend rien à la médecine,et donc incitées à moucharder aux "autorités supérieures" la conduite nécessairement déviantes des médecins le mouchardage est 1 spécialité bien française,surtout depuis la dernière guerre on a même créé des IDE directrices! certaines ont décidé de se venger des médecins qui ont d'autres préoccupations! j'ai même croisé des jeunes diplômés de l'école de RENNES qui disaient que tout irait mieux dans les hostos: sans médecins sans malades sans personnel soignant donc avec uniquement des administratifs! on y vient on y vient!
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Fabien BRAY
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Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 2 ans
Ce qui m'étonne c'est qu'il y en encore autant qui recommandent leur métier... Vous les payez moins que les aide-soignant, pour plus d'engagement et de responsabilité, vous dévalorisez à outrance leur formation, et vous prenez tout ce qui se présente comme glandu ou feignasse pour remplir des postes hospitalier dont plus personne ne veut. 4/10 c'est encore beaucoup trop.
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HENRI BASPEYRE
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Résistant
Chirurgie générale
il y a 2 ans
ah! le bon temps des religieuses! il n'y avait pas de 35H taillables et corvéables à merci!
 
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