"Avec les maisons de santé, on aspire les médecins qui exerçaient dans les petits patelins" | egora.fr
PUB

Vous êtes ici

A+ A-

"Avec les maisons de santé, on aspire les médecins qui exerçaient dans les petits patelins"

Réélu à la tête de l’Union des professionnels de santé (UNPS), qui regroupe 23 organisations syndicales de soignants libéraux, le Dr William Joubert, médecin généraliste au Mans, met un point d’honneur à défendre l’exercice libéral, qui a connu d’importants bouleversements avec l’épidémie de Covid-19. S’il reconnaît le besoin de se coordonner entre les professionnels de ville, le praticien alerte sur le développement de certaines structures, à l’instar des maisons de santé, qui pourraient déséquilibrer l’offre de soins sur le territoire. Entretien. 
 

Egora.fr : Vous avez pris la tête de l’UNPS en septembre 2020 pour un premier mandat, à l’aube d’un deuxième confinement. Avez-vous observé des bouleversements dans l’exercice libéral des professionnels de santé? 

Dr William Joubert : Oui, l’épidémie a été un gros boost pour les formes d’exercice et d’organisation. Je pense avant tout à la téléconsultation qui a explosé chez les médecins. Mais, à la demande de l’UNPS, cela a aussi été l’occasion pour d’autres professions de pratiquer la téléexpertise (infirmières, masseurs-kinésithérapeutes, etc.). Nous avons tous néanmoins en ligne de mire une inquiétude avec ce développement, c’est que l’exercice échappe à la proximité. C’est pour cela que nous avons fait de fortes demandes pour que le local soit privilégié dans toutes les formes de réponses. Je suis moi-même régulateur libéral au Samu Centre 15 de la Sarthe. Or je reçois des demandes de personnes qui ont consulté en téléconsultation sur une plateforme qui n’est pas basée dans la Sarthe et c’est à nous de gérer le problème, de rattraper des diagnostics. Nous ne voulons pas faire du service après-vente.  

Autre avancée dans l’organisation : dans notre département, comme dans beaucoup d’autres, nous avons mis en place une régulation libérale en journée, qui correspond au service d’accès aux soins (SAS). Aujourd’hui, la Sarthe est en quelque sorte le 23e site pilote. Nous avons d’ailleurs été reconnu par l’ARS comme site pilote “à part”. On a mis ça en place dès le début du Covid. En une ou deux semaines, c’était sur pied, à un moment où il y avait un tel besoin au niveau des conseils et des messages à distribuer. Lors de la première phase Covid, il y avait beaucoup d'incertitudes, mais nous avons su trouver des effecteurs volontaires. Avec le recul qu’on a aujourd’hui, cela nous permet de mettre en évidence le piège dans lequel il ne faut pas tomber, c’est-à-dire que ce soit un service ouvert à tout vent. Il faut qu’il y ait une bonne régulation. Aujourd’hui, on s’aperçoit que 50% des appels passés dans la journée sont traités uniquement par du conseil.  

 

A ce sujet, l’accord sur l’avenant 9 à la convention médicale prévoit une rémunération via le forfait structure plutôt que des actes majorés. En êtes-vous satisfait? 

A mon sens, on n’apporte pas les bonnes réponses. Il faut obligatoirement...

13 commentaires

D'accord, pas d'accord ?
Débattez-en avec vos confrères.

Vous n'avez pas de compte ?

Inscrivez-vous gratuitement

 

Site d’informations médicales et professionnelles,
Egora.fr s’adresse aux médecins, étudiants des facultés de médecine et professionnels de santé (infirmier, kiné, dentiste…). Nous traitons des sujets qui font le quotidien des médecins généralistes (démographie médicale, consultation, rémunération, charges, relations avec la CPAM, FMC, remplacement, annonces) et plus largement de tout ce qui concerne l’actualité santé : pathologies, médicaments, hôpital, recherche, sciences…