Violences conjugales : pourquoi la levée du secret médical oppose les médecins | egora.fr
PUB

Vous êtes ici

A+ A-

Violences conjugales : pourquoi la levée du secret médical oppose les médecins

Violences conjugales : pourquoi la levée du secret médical oppose les médecins

Lundi 25 novembre, Édouard Philippe a présenté une série de mesures pour lutter contre les violences conjugales. Parmi les annonces les plus attendues par certains et redoutées par d'autres, celle de la levée partielle du secret médical. Face aux inquiétudes des médecins, le Premier ministre a proposé de déroger à ce principe phare dans les cas d'urgence absolue uniquement. Les praticiens auront alors la possibilité de dénoncer des violences sans forcément avoir obtenu l'accord des patientes. Deux points de vue s'opposent. Entretiens avec le Dr Gilles Lazimi, médecin généraliste membre de SOS Femmes 93 et du collectif féministe contre le viol, et le Dr Jacques Saboye, président de la Société française de chirurgie esthétique plastique (SoFCEP).

 

"On revient à une médecine paternaliste" - Gilles Lazimi

 

Egora.fr : Faut-il lever le secret médical en cas d'urgence absolue comme le propose le Gouvernement ?

Gilles Lazimi : Pour moi c'est un gag, une mesurette qui méconnaît la situation dans laquelle les femmes se trouvent. On attendait des mesures chocs et on ne les a pas eues. Le Gouvernement propose de contourner le secret médical dans certains cas de violences conjugales, mais dans le code de déontologie, il existe déjà des dérogations !

On peut dénoncer les violences conjugales dans trois cas : avec l'accord de la patiente ; si, en tant que professionnel de santé, on sait qu'il y a des menaces graves (par exemple, si le conjoint ou l'ex-conjoint est en possession d'une arme) ; ou encore quand notre patiente est en état de fragilité, c’est-à-dire qu'elle n'est pas en capacité de se prendre en charge et donc de se défendre.

Ces mesures, c'est juste de la poudre aux yeux. On voit bien qu'il n'y a rien de nouveau. Ce qu'il faut c'est mettre en place un vrai réseau d'accompagnement et améliorer la formation des professionnels de santé.

 

De nombreux praticiens estiment qu'en levant le secret médical, le lien de confiance avec la patiente disparaîtrait. Qu'en pensez-vous ?

Bien sûr que s'il n'y a plus de secret médical, il n'y a plus de confiance. Le médecin généraliste est le premier recours de la femme victime de violence [Gilles Lazimi et soixante autres praticiens ont signé une tribune, publiée sur le site de l'Obs, demandant à ce que le médecin généraliste soit reconnu comme étant le premier recours de la femme victime, NDLR] Être dans la confidentialité est le terreau de la confiance. Là, avec une telle mesure, on ne pense pas...

9 commentaires

D'accord, pas d'accord ?
Débattez-en avec vos confrères.

Vous n'avez pas de compte ?

Inscrivez-vous gratuitement

 

Site d’informations médicales et professionnelles,
Egora.fr s’adresse aux médecins, étudiants des facultés de médecine et professionnels de santé (infirmier, kiné, dentiste…). Nous traitons des sujets qui font le quotidien des médecins généralistes (démographie médicale, consultation, rémunération, charges, relations avec la CPAM, FMC, remplacement, annonces) et plus largement de tout ce qui concerne l’actualité santé : pathologies, médicaments, hôpital, recherche, sciences…