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"Graves lacunes", "conclusions trompeuses" : un éminent chercheur demande le retrait de la première étude du Pr Raoult sur l'hydroxychloroquine

Le médecin et épidémiologiste néerlandais Frits Rosendaal vient de publier une revue critique de la toute première étude sur le protocole du Pr Raoult, publiée en mars. Pointant de "graves lacunes méthodologiques", il demande le retrait de la publication.

Publié le 17 mars dans la revue The International Journal of Antimicrobial Agents, l'article nommé "Hydroxychloroquine and azithromycin as a treatment of COVID-19: results of an openlabel non-randomized clinical trial" a été à l'origine d'un emballement mondial pour l'antipaludique dans la lutte contre le Covid-19, mais aussi le point de départ de nombreuses critiques sur la méthodologie du Pr Didier Raoult. Des critiques qui ont conduit la revue à solliciter un évaluateur indépendant en vue d'un éventuel retrait de l'article. C'est au Pr Frits Rosendaal, médecin et épidémiologiste neerlandais affilié à l'université de Leiden, récompensé du prestigieux prix Spinoza en 2002 pour ses recherches sur la thrombose, qu'a été confiée cette mission.

Le chercheur a rendu sa revue critique en avril mais cette dernière n'a été publiée que le 13 juillet. Ses conclusions sont sans appel : "cette étude souffre de lacunes méthodologiques majeures qui la rendent presque, sinon complètement, non informative. Par conséquent, le ton du rapport, en présentant cela comme une preuve d'un effet de l'hydroxychloroquine et même en recommandant son utilisation, est non seulement non fondé, mais, étant donné la demande désespérée d'un traitement pour Covid-19, couplée avec les effets potentiellement graves de l'hydroxychloroquine, totalement irresponsable".

Et l'épidémiologiste de démonter, point par point, la méthodologie du directeur de l'IHU Méditerranée : "la comparaison avec le groupe témoin n'a pas de sens", "l'exclusion des patients qui se sont détériorés" est un "biais de sélection sévère", les effets secondaires ne sont pas présentés dans cette première étude, "le choix de la charge virale dans les écouvillons nasopharyngés" comme critère d'évaluation est remis en cause, le fait que plusieurs patients sont indiqués asymptomatiques alors que l'étude porte sur les cas hospitalisés interpelle, l'absence de certaines données clés pour certains patients est relevée, la durée du test (6 jours) est jugée opportune.

"Il s'agit d'un manuscrit non informatif présentant...

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