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Pour ou contre le midazolam en ville ? Un généraliste à la tête des professionnels de soins palliatifs se positionne

Pour ou contre le midazolam en ville ? Généraliste et à la tête des professionnels de soins palliatifs, il se positionne
Le lancement d’un manifeste en soutien au généraliste accusé d’euthanasie pour avoir donné du midazolam à des patients en fin de vie a provoqué de vives réactions. Faut-il ouvrir, ou non, le droit aux libéraux d’utiliser ce produit ? Comment prendre en charge la fin de vie à domicile dans les déserts médicaux ? Et plus globalement, quelle prise en charge pour les soins palliatifs à domicile ? Si pour Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France, l’interdiction du midazolam pour les généralistes participe à la dégradation des conditions d’exercice, le Dr Olivier Mermet, président de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap) et médecin libéral, insiste sur la notion impérative d’équipe et de collégialité.  

Egora.fr : Quel regard portez-vous sur la mise en examen du Dr Méheut et sur le manifeste lancé en soutien par la Fédération des médecins de France ?  

Dr Olivier Mermet : Pour nous, il ne faut pas limiter ce débat au seul accès du midazolam. Il ne faut pas banaliser cette possibilité de sédation à domicile comme si c’était quelque chose de facile. Les situations nécessitant un produit sédatif à domicile pour des patients en fin de vie sont des situations rares et ce n’est pas si fréquent d’utiliser ce type de produit, surtout chez les généralistes. Ce n’est pas non plus sans retentissements sur l’équipe soignante. Notre position c’est donc ne de pas limiter la réflexion à la seule limitation du midazolam mais plutôt de s’interroger sur les moyens qu’on met sur les soins palliatifs à domicile. 

Êtes-vous pour l'accès des généralistes à des produits permettant une sédation profonde tels que le midazolam ? 

Je pense que cette situation montre que la suspicion peut naître dans le fait d’agir de manière isolée. Or, il faut bien comprendre qu’on ne fait pas du soin palliatif seul mais en équipe. Ce sont aussi des produits particuliers à manier, surtout quand on n’a pas l’habitude. Les médecins doivent s’y former. Il faut assurer aux patients en situation palliative la possibilité d’avoir des équipes qui peuvent se déplacer à domicile. Les médecins généralistes seuls, les équipes de soins primaires, prennent déjà une bonne partie des situations palliatives de façon autonome mais il y a des situations complexes. La situation où l’on envisage de mettre en place un produit à visée sédative l’est assez pour faire appel à une équipe dédiée.    

Le midazolam est disponible en ville dès lors que le patient se trouve pris en charge en HAD puisque le produit peut être amené par le personnel hospitalier. Ce qu’on ignore plus souvent, c’est qu’un arrêté datant de 2004 permet la rétrocession des produits hospitaliers par les pharmacies hospitalières pour des patients en ville dès lors qu’il y a la mention “soins palliatifs” sur l’ordonnance faite par le médecin généraliste.  

Vous insistez sur la notion d’équipe, vous estimez que le médecin généraliste libéral ne peut donc pas prendre en charge une fin de vie à domicile ? 

Ce n’est pas qu’il ne peut pas. Dans l’urgence, il faut qu’on puisse bénéficier d’une sédation temporaire pour passer un pic douloureux ou une hémorragie cataclysmique, par exemple. Mais lorsqu’il s’agit de mettre en place une pratique sédative sur le long cours, ce n’est anodin ni pour le patient, ni pour l'entourage, ni pour l’équipe soignante…

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