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Services d'urgences saturés "en continu" : les médecins exigent une audience avec Rist

Alors que la grève des libéraux vient de prendre fin, les organisations représentatives de la médecine d'urgence demandent à être reçues "dans les plus brefs délais" par la ministre de la Santé. Elles alertent sur la "crise structurelle" des services d'urgences qui met les patients et les soignants "en danger".

19/01/2026 Par Louise Claereboudt
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"2026 doit être un tournant, pas une année de plus", insistent les organisations représentatives de la médecine d'urgence*, dans un communiqué diffusé jeudi 15 janvier. Alors que s'achève la grève des médecins libéraux et des cliniques privées, les professionnels des urgences alertent sur une situation devenue intenable. "La crise aux urgences n'est plus exceptionnelle : elle est devenue structurelle. Et elle n'est tolérable ni pour les patients, ni pour les soignants", écrivent-ils.  

Ces derniers évoquent notamment "une augmentation de 24% de l'activité des Samu-SAS", "qui se maintient en ce début d'année", et des "services d'urgences saturés en continu". "Cette hausse traduit non seulement la tension extrême du système, mais aussi un renoncement croissant aux soins de premier recours, faute d'accès effectif à une offre de soins de proximité", mettent en garde les organisations.

Grève des médecins libéraux : "Les services d'urgences sont en saturation majeure"

"Dans ce contexte, le Samu-SAS joue un rôle pivot essentiel, tentant de sécuriser les parcours, d'orienter les patients et d'éviter des pertes de chance, souvent sans moyens humains ni financiers à la hauteur des missions qui leur sont confiées", rappellent-elles. Et de questionner : "Quelle organisation est capable de faire face durablement dans de telles conditions ?"

"Comment demander aux assistants de régulation médicale, aux soignants et médecins des structures d'urgence d'engager leur responsabilité alors qu'ils assurent, faute d'alternatives, une mission de service public auprès de patients dans des conditions extrêmes ?", interrogent également ces organisations.

Alors que l'hiver 2025 a été marqué par "une multiplication des plans blancs", ces mesures censées être exceptionnelles sont devenues "la norme". "Peut-on accepter que déprogrammations et rappels de personnels soient la réponse structurelle de notre système de santé ?", s'indignent syndicats et associations, qui pointent des "conséquences majeures" : événements indésirables graves, décès sur des brancards, épuisement physique et psychique des équipes, "perte d'attractivité d'une spécialité incontournable", etc.

Les organisations alertent également sur une "réforme ubuesque" qui "menace de déstabiliser la réponse opérationnelle aux situations d'urgence".

"Alors même que les structures de médecin d'urgence des hôpitaux tiennent le système à bout de bras depuis des années et assurent seules la prise en charge initiale des patients ou blessés, le projet de loi de décentralisation porté par le Gouvernement appellerait à modifier la gouvernance et la gestion des secours et soins d'urgence sur le territoire en confiant aux préfets une gestion unifiée de la réponse opérationnelle, comme l'a précisé le ministère de l'Intérieur ce 13 janvier à l'Assemblée nationale, lors des questions orales", pointent les professionnels.

"Il n'a […] jamais été question de remettre en cause la régulation médicale, qui demeure une compétence exclusive des médecins. Il s'agit en revanche de mieux organiser collectivement la réponse territoriale qui est apportée, dans un esprit de complémentarité. C'est le sens de la proposition du ministre de l'intérieur qui vise à mettre en place un pilotage territorial unifié sous l’autorité du préfet", a indiqué Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès du ministre de l’intérieur, face aux députés.

Et d'ajouter : "Il ne s'agit pas de se substituer aux autorités sanitaires mais de renforcer la coordination et l'efficience des moyens, donc l'égalité de nos concitoyens devant l'accès aux soins."

"Comment peut-on légiférer contre les professionnels de santé", se sont insurgées les organisations de la médecine d'urgence dans leur communiqué, indiquant avoir "largement exprimé leur refus". "Aucune transformation de cette ampleur ne peut être conduite sans une concertation réelle avec les professionnels de terrain", insistent-elles.

Inquiètes, elles réclament une "audience ministérielle" avec Stéphanie Rist "dans les plus brefs délais", "afin d'exposer directement les conséquences concrètes, immédiates et graves que la poursuite de cette politique ferait peser sur la sécurité des patients, la continuité des soins d'urgence et la responsabilité juridique et morale des soignants".

*Samu-Urgences de France, Société française de médecine d'urgence (SFMU), Conseil national des universités (CNU), Fédération des observatoires régionaux des urgences (FEDORU), Association française des assistants de régulation médicale (AFARM), Association nationale des centres d'enseignement des soins d'urgence (ANCESCU), CNP de médecine d'urgence, Société française de médecine de catastrophe (SFMC), Collégiale nationale des universitaires de médecine d'urgence (CNUMU), Association nationale des centres de formation des assistants de régulation médicale (ANCFARM).  

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