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Télémédecine : ce qu'il faut retenir des annonces de Stéphanie Rist

Lancées en juin 2025, les Assises de la télémédecine ont été closes par un discours de la ministre de la Santé ce lundi 26 janvier 2026. Après une vaste concertation qui a réuni plus de 1000 intervenants, Stéphanie Rist a dévoilé une feuille de route pour la période 2026-2028 destinée à faire évoluer la télémédecine d'un "outil ponctuel" à un "levier puissant de notre système de santé". 

26/01/2026 Par Sandy Bonin
Télémédecine
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"Je l’ai toujours soutenu : la télémédecine est utile", a martelé Stéphanie Rist lors de son discours de clôture des Assises de télémédecine. Lancées en 2025 à l'initiative de l'Assurance maladie, les Assisses ont mobilisé plus de 1000 acteurs du système de santé, des ARS, en passant par l'Ordre des médecins, les usagers ou encore les caisses primaires d'Assurance maladie, dans huit régions. 

"Ces assises étaient une des propositions du rapport Charges et produits pour 2025 avec une vertu première qui était de faire se parler les acteurs, prendre le temps du débat, des échanges, pas seulement à Paris, mais surtout dans les régions. Regarder les bonnes pratiques, écouter les inquiétudes, les projets… Je crois que de ce point de vue-là, le pari a été tenu", s'est félicité le directeur de la Cnam, Thomas Fatôme. 

"Ces assises ont permis de poser les bases d'une nouvelle dynamique de la télémédecine, non pas comme un objet en soi, mais comme une modalité de pratique de la médecine", a abondé Marie Daudé, directrice générale de l'offre de soins. "Elles ont permis de comprendre les attentes, de lever certaines ambiguïtés et de discuter ensemble des solutions de demain pour tracer une véritable feuille de route." 

Longtemps montrée du doigt par les pouvoirs publics et accusée d'être la source de multiples abus, la télémédecine s'impose désormais comme une nouvelle pratique de la médecine avec près de 14 millions de téléconsultations en 2025. Après une phase d'accélération liée à la crise Covid (17 millions de téléconsultations en 2020), les pouvoirs publics ont estimé que la télémédecine restait en deçà de ses potentialités. La faute, notamment, à des professionnels de santé insuffisamment formés, ce qui a conduit à des pratiques hétérogènes en matière de qualité et de pertinence des soins. 

La télémédecine "est évidemment complémentaire aux consultations en présentiel, et ne les remplace pas. Mais son potentiel doit être pleinement déployé", a souligné Stéphanie Rist, avant de dévoiler sa feuille de route pour 2026-2028, articulée autour de quatre axes clés.

Développer la formation théorique et pratique des médecins

"Le premier axe, c’est le développement des compétences des professionnels de santé. C’est le prérequis numéro 1 pour le déploiement de la télémédecine", a estimé la ministre de la Santé. Les échanges menés lors des Assises ont effectivement démontré que beaucoup d’entre eux expriment un besoin d’accompagnement. Si la télésanté figure déjà dans la formation initiale, la feuille de route ministérielle appelle à une consolidation des enseignements. "Un travail sera donc conduit en lien avec les universités, les Doyens et les sociétés savantes afin de développer des formations théoriques et pratiques consacrées à l’activité médicale à distance dans les deux prochaines années", a indiqué Stéphanie Rist. "la télémédecine ne doit pas être vue comme un outil ponctuel mais bien comme un outil puissant et structurant, intégré aux parcours de soins", a-t-elle appuyé.

Le deuxième axe développé par la ministre consiste à renforcer la place de la télémédecine dans le suivi et le parcours des patients. A commencer par des nouvelles recommandations de la Haute Autorité de santé en matière de recours à la téléconsultation. "Elles devront englober l’intégration dans le suivi et le parcours des patients atteints de pathologies chroniques, mais aussi la pertinence des prescriptions réalisables à distance. En tant que médecin, je le sais bien, la modification des pratiques part avant tout de l’évolution des recommandations médicales et scientifiques", a souligné Stéphanie Rist.

La ministre a également appelé à un plus large usage de la télé-expertise à disposition des médecins généralistes alors que "l'accès à un médecin spécialiste est un enjeu majeur". "Je souhaite ainsi que les établissements de santé, et notamment les CHU, se mettent en situation de répondre aux demandes de téléexpertise de la médecine de ville, notamment pour les structures labellisées "France Santé"", a-t-elle prévenu. 

Chaque téléconsultation devra également donner lieu à un résumé à destination du médecin traitant, disponible dans "Mon Espace Santé".

Certaines règles actuelles doivent évoluer

Le troisième axe de cette stratégie nationale visera à déployer les possibilités de téléconsultation au bénéfice des patients qui en ont le plus besoin, notamment ceux sans médecin traitant ou qui vivent dans des territoires sous-denses, les personnes dépendantes ou en situation de handicap, les populations isolées, les patients dans l’incapacité de se déplacer ou encore les détenus. "Dans cette perspective, certaines règles actuelles doivent évoluer, dès lors qu’elles freinent l’accès aux soins", a plaidé la ministre.

Si elle a estimé que "le seuil fixant une part maximale de consultations réalisées en téléconsultation est nécessaire et gage de qualité", elle a constaté qu'il pouvait aussi devenir dans certains cas "un frein, au point d’empêcher certains médecins de continuer à exercer"

"Des dérogations à ce seuil de 20% seront mises en place de façon ciblée, comme le prévoit la convention médicale. Ce sera notamment le cas pour les médecins retraités, les médecins remplaçants, les médecins en situation de handicap. Et aussi ceux qui traversent des moments de vie particuliers : je pense par exemple aux jeunes parents. L’objectif est simple : leur permettre de continuer à exercer et renforcer l’offre de soins", a annoncé Stéphanie Rist. Des dérogations seront également possibles lorsque le système de soins fait face à des tensions, lors de la période hivernale notamment. 

Les téléconsultations assistées par un professionnel de santé ne seront plus comptabilisées dans ce seuil d’activité maximum. "Ce modèle repose sur un travail en équipe, et il est important de le préserver", a justifié la ministre. Les téléconsultations assistées seront également développées dans les Ehpad. En ville, les assistants médicaux pourront accompagner la téléconsultation des patients avec leur médecin traitant.

L'installation de télécabine sera soumise à une autorisation de l'ARS

Enfin, le dernier axe présenté par la ministre vise "à limiter les éventuelles dérives". Si les cabines de téléconsultation sont jugées "pertinentes pour améliorer l’accès aux soins, notamment dans les zones sous-denses en médecins", "elles ne peuvent se développer de manière déconnectée des besoins des territoires", a pointé la ministre. L’implantation des cabines de téléconsultation sera désormais "soumise à une obligation de déclaration préalable aux agences régionales de santé avec une information partagée aux acteurs de terrain", a-t-elle annoncé. 

"Le cap est clair : transformer l’essai pour faire de la télémédecine un outil qui améliore l’accès aux soins, renforce la continuité des parcours, réduit les inégalités et soutient les professionnels de santé dans leur exercice quotidien (...) Je suis totalement mobilisée pour faire de la télémédecine un levier puissant de notre système de santé, ancré dans les parcours et au plus près des réalités de terrain", a conclu Stéphanie Rist.  

Grève des médecins : les promesses de Rist sont-elles à la hauteur ?

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Débatteur Passionné
Anesthésie-réanimation
il y a 55 minutes
J'avoue un exercice biaisé, très technique mais très "physique". Aussi bien en anesthésie mais peut être encore plus en réanimation. Bien sûr l'apport des "machines" et l'interprétation de leurs données peuvent être déportées du lit du malade. Mais... Mais rien ne remplace l'examen clinique, de l'interrogatoire quand il est possible à toute la déclinaison de l'examen physique. Je ne nie pas l'apport des "expertises à distance" des examens complémentaires (imagerie, biologie...) par des spécialistes formés à cette communication. Mais à l'origine, il y a le clinicien. J'entends bien que le suivi d'une consultation, le renouvellement "à froid" d'une ordonnance d'un malade qu'on connait parfaitement bien, peut être efficace et un gain de temps ,et pour le médecin, et pour le malades. Mais il y a de nombreux pièges et tous les patients ne sont pas éligibles (et tous les médecins pas forcément performants). Si c'est un outil à améliorer, OK. Mais ce n'est en rien une solution à la pénurie de médecins ou de soignants en général. Tout sauf un cache misère! Une fois de plus, on met la charrue avant les bœufs. Retrouvons d'abord un accès aux soins facilité par le nombre de soignants disponibles et seulement alors, offrons la possibilité d'une simplification de l'exercice, pas un pis aller.
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Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 8 heures
"la télémédecine ne doit pas être vue comme un outil ponctuel mais bien comme un outil puissant et structurant, intégré aux parcours de soins" 1- autoriser de nouveau les TCS par whatsapp, que nous n'ayons pas à payer 1 abonnement de 90€/mois....qui franchement n'apporte rien de plus parce qu'elle est faite vie le logiciel métier.... Hormis 1 des carottes du segur. 2-commencer par rendre obligatoire les CRH en moins de 15j 3-que le ou les médecins successifs donnant leurs avis en TCS ne soient pas les seuls responsables en cas de non consultation présentielle recommandée et non effectuée. 4- quid de la responsabilité du suivi de résultats d'examen prescrit, quand il ne s'agit pas de nos patients, et que ne les reverra pas ? Faut tous les rappeler savoir s'ils ont fait leurs devoirs ? C'est le même problème pour les volontaires 2j/mois. Mais les technotrucs ne s'en préoccupent pas, ce n'est pas eux qui seront responsables (le sont ils dans quelques domaines que se soit ?)
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1,6 k points
Débatteur Passionné
Ophtalmologie
il y a 7 heures
́’́Les pouvoirs publics ont estimé que la télémédecine restait en deçà de ses potentialités. La faute, notamment, à des professionnels de santé insuffisamment formés". Evidemment que c'est la faute de ces médecins, ils n’ont pas même réussi à être plus nombreux, partout ils ne foutent rien, et dans les déserts médicaux ils ne travaillent pas suffisamment.
 
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