@Romain TALON/stock.adobe.com
Le nombre de médecins généralistes remplaçants a doublé en 13 ans
Dans son rapport sur le temps de travail des médecins, la mission Igas-IGF appelle à mieux suivre l'activité des remplaçants libéraux.
@Romain TALON/stock.adobe.com
L'activité des médecins remplacés est probablement "surestimée" et celle des médecins remplaçants serait à l'inverse "sous-estimée", juge la mission Igas-IGF sur le temps de travail des médecins, dans son rapport publié en début de semaine. Le "phénomène" de remplacement est "en augmentation", y constate la mission. Le nombre de généralistes déclarés remplaçants ou en activité non renseignée dans le RPPS a doublé entre 2012 et 2025, passant de 6 709 à 13 581, relève-t-elle. Et celui des spécialistes déclarés remplaçants ou en activité non renseignée a triplé, de 3 361 à 10 604.
Les données recueillies lors de la sixième vague de la quatrième édition du panel généralistes de la Drees montrent que 63% des médecins généralistes ont recours au remplacement, dont 28% tout au long de l’année ; quant aux autres spécialistes sollicités par la mission dans le cadre de sa propre enquête*, 13% déclarent se faire remplacer régulièrement et 20% occasionnellement.
Mais les données de facturation du SNDS ne collent pas à cette réalité, relève la mission Igas-IGF. "Le nombre mensuel moyen de médecins remplacés est largement inférieur au nombre de médecins remplaçants, pour les médecins généralistes comme pour les spécialistes". Et "le nombre de factures en session de remplacement d’un médecin généraliste correspond à 33% de l’activité normale d’un médecin généraliste (40% pour les spécialistes)".
Alors que la convention impose aux remplaçants d'utiliser leur propre CPS, dans les faits, ils facturent souvent avec celle du médecin remplacé, rapporte la mission. "Je pense que c'est très courant", confirme à Egora le Dr Benjamin Adam, président du Regroupement autonome des généralistes jeunes installés et remplaçants (Reagjir).
Pour l'Igas-IGF comme pour le syndicat, le "frein" est technique : "L’ouverture d’une session dite 'de remplacement', qui permet d’identifier l’activité réalisée en son compte propre par un médecin remplaçant, nécessite la présence conjointe du médecin remplacé et du médecin remplaçant, ou a minima une opération nécessitant l’usage de leurs deux cartes personnelles". Or, souligne le Dr Adam, pour un remplacement ponctuel, "ce n'est pas évident, la personne est déjà partie en vacances quand le remplaçant arrive".
La mission recommande de "mettre en place un dispositif de suivi de l’activité des remplaçants via les données de facturation carte Vitale". Mais pour Reagjir, la solution est simple : "Il faut que les remplaçants soient conventionnés."
*1 560 répondants, de sept spécialités : anesthésie-réanimation, cardiologie, dermatologie, gynécologie, ophtalmologie, pédiatrie, psychiatrie.
La sélection de la rédaction
Faut-il diminuer le remboursement par l'Assurance maladie des médicaments à SMR faible ou modéré?
Thierry Wattelle
Non
OUI ou NON ... quelle importance ? Comme souvent, il faut définir précisément ce dont on parle, à savoir "Qu'est ce qu'un médicame... Lire plus