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Jusqu'à 10 heures d'attente pour le SAS : les généralistes rennais se retirent de la régulation

A Rennes, depuis une semaine, les médecins généralistes libéraux ne participent plus à la régulation médicale dans le cadre du service d'accès aux soins. Ils dénoncent une série de dysfonctionnements pouvant mettre en danger les patients et une absence d'écoute de la part de l'ARS.  

31/01/2025 Par Sandy Bonin
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Tout a démarré le 24 janvier 2025. Confronté à une surcharge de travail en hausse de près de 10% par rapport à l'an dernier, liée notamment à l'épidémie de grippe, les médecins généralistes libéraux ont décidé de faire valoir leur droit de retrait.

"En semaine, on peut monter jusqu'à 1.600 appels", raconte Bleuenn Laot, directrice administrative de l'Adops 35, l'Association départementale pour l'organisation et la prise en charge des soins d'Ille-et-Vilaine, à Francebleu. "Le week-end, on arrive très facilement à plus de 2.200 appels par jour. C'est énorme comparé à ce qu'on avait il y a quelques années."

Conséquence, une durée d'attente pour les patients qui s'allonge, pouvant aller jusqu'à 10h. "Il y a parfois plusieurs heures entre le moment où la personne appelle et le moment où un médecin peut rappeler pour prendre la suite du dossier et décider de ce qu'il faut faire : un conseil médical, envoyer vers une maison médicale de garde et ou envoyer vers les urgences", précise Bleuenn Laot.

"Une charge mentale énorme"

"Malgré une volonté de bien écouter et de bien réguler, le risque c'est de faire une erreur, de mettre en danger des patients. Et ça, c'est vraiment pour nous une charge mentale énorme", explique le Dr Philippe Lemoine, médecin généraliste retraité de 71 ans, venu prêter main forte à la régulation. 

Les médecins de l'Adops 35 regrettent également une absence d'écoute de la part de l'ARS.

En attendant, les appels au 15 relevant d'urgences vitales seront bien prises en compte et il n'y aura aucune perte de chance pour les patients, précise l'ARS.

Faut-il réformer l'Ordre des médecins ?

MICHEL BANVILLET

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À notre époque, la notion d'éthique a disparue de notre société. Faire confiance a des pairs, c'est favoriser les petits arrangeme... Lire plus

4 débatteurs en ligne4 en ligne
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46 points
Médecine d’urgence
il y a 1 an
Mouais ! aucune perte de chance ... Et pendant ce "retrait" qui va réguler les 1600 appels ? ben les deux régulateurs AMU pardi !! BIen sûr eux , ils auront le temps de faire ce que les 4 médecins libéraux ne veulent plus faire... Nous avons créer une demande injustifiée, nous avons voulu que tout passe par une régulation SAMU/SAS qui n'est pas dimensionnée d'une façon adéquate , et qui n'a pas d'effecteurs sur le terrain ... Nous payons tous le prix !!
Photo de profil de Patrick  p.
916 points
Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 1 an
"En attendant, les appels au 15 relevant d'urgences vitales seront bien prises en compte et il n'y aura aucune perte de chance pour les patients", précise l'ARS., formulé autrement: les SAS sont inutiles selon l'ARS ...
Photo de profil de B M
7,2 k points
Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 1 an
Le début d'un réveil à la réalité? Faut-il toujours attendre la catastrophe pour enfin admettre que des idées saugrenues comme le SAS, c'est une perte de chance pour certains malades.
 
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