@Sirinya - stock.adobe.com

@Sirinya - stock.adobe.com

Hausse de 45% des installations de généralistes dans les déserts : ces chiffres de l'Assurance maladie qui tordent le cou à la loi Garot

L'Assurance maladie vient de dévoiler son nouvel Observatoire de l'accès aux soins. Elle se félicite d'une nette hausse des installations des médecins généralistes, par rapport aux années précédentes, notamment dans les zones d'intervention prioritaires. Une progression qui s'explique, selon la Cnam, par la hausse du nombre de places dans les facultés de médecine.  

11/06/2026 Par Sandy Bonin
@Sirinya - stock.adobe.com

@Sirinya - stock.adobe.com

Une "nette reprise" démographique. Après une baisse de près de 10 % observée en 2024, l'année 2025 est marquée par hausse de 32% des primo installations de médecins généralistes. Au total, 2 810 médecins généralistes se sont installés pour la première fois en exercice libéral, contre 2 130 en 2024.  

"Cette progression porte le nombre de primo-installations à un niveau plus de deux fois supérieur à celui observé en 2012. Elle constitue un signal encourageant pour le renforcement de l'offre médicale de premier recours et devra se confirmer dans la durée", relève l'Assurance maladie dans son communiqué de présentation des chiffres de l'Observatoire de l'accès aux soins pour 2025. 

source : Cnam

 

Source : Cnam 

 

Alors que la loi Garot, instaurant la régulation à l'installation, est débattue au Sénat ce jeudi 11juin, les dernières données de la Cnam montrent que "ce rebond démographique bénéficie en particulier aux zones d’intervention prioritaires dont la dynamique d’installation apparaît particulièrement favorable". Ainsi, en 2025, 891 médecins généralistes s'y sont installés, soit près de 300 installations supplémentaires par rapport à 2024 et une hausse de près de 45% en un an.

Source : Cnam 

 

 

Source : Cnam 

 

Un "regain" démographique qui s’explique en partie selon l'Assurance maladie "par le relèvement significatif au cours de la décennie précédente du nombre de places ouvertes dans les facultés de médecine". "Les effets de ce relèvement ne commencent à produire ses effets sur le nombre d’installations que maintenant et cette tendance positive devrait se poursuivre dans les mois et année à venir", poursuit le communiqué. 

Cette forte hausse s'explique également par les différentes mesures visant renforcer l’attractivité de la médecine générale (revalorisations tarifaires, assistants médicaux…).  

Le recours aux assistants médicaux poursuit effectivement sa progression. Au 31 décembre 2025, 9 304 contrats étaient signés, soit une hausse marquée de 20% en un an.  

Source : Cnam 

 

 

Si au cours des dix dernières années, "le nombre de patients en ALD a augmenté de près de 3 millions de personnes", la part de patients en ALD sans médecin traitant se maintient. Après avoir atteint 5,6 % fin 2022, la part des patients en ALD sans médecin traitant s'établit à 4,3 % fin 2025, un niveau stable par rapport à 2024, alors même que le nombre de patients concernés en ALD progresse de manière continue (en 2025, +2,6% de patients en ALD par rapport à 2024). 

La patientèle moyenne médecin traitant reste également stable à 1 033 patients par praticien. La file active moyenne (nombre de patients uniques vus au moins une fois dans l’année) des médecins libéraux s'établit à 1 992 patients suivis en 2025, en légère baisse par rapport à 2024 (-0,5 %).  

Une adhésion Optam en recul 

S'agissant de l'accès financier aux soins, l'adhésion au dispositif Optam est en recul. Le nombre de médecins adhérents s'établit à 15 461, soit 1 832 adhérents de moins qu'en 2024. Le taux d'adhésion passe ainsi de 52,7 % à 44,5 %. En octobre dernier, les syndicats médicaux de secteur 2 avaient appelé leurs adhérents à quitter l'Optam. Ils dénonçaient des objectifs de maîtrise de leurs dépassements d'honoraires beaucoup "plus contraignants", du fait des revalorisations tarifaires issues de la nouvelle convention.  

Enfin, le déploiement du Service d'accès aux soins (SAS) atteint un niveau très élevé. Fin 2025, 98,5% de la population française était couverte, contre 96,5% en 2024. 

Faut-il restreindre les conditions d'accès au secteur 2?

Valérie Briole

Valérie Briole

Non

.Au contraire il faut les étendre pour espérer élargir les possibilités d'accès aux soins, on favorisera ainsi les installations. ... Lire plus

3 débatteurs en ligne3 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Déontologie
"Je suis fier d'être resté fidèle au serment d'Hippocrate" : médecin retraité sanctionné pour avoir soigné ses...
21/05/2026
23
Histoire
De jeune médecin inconnu à bourreau… Un historien retrace le parcours de Mengele, "l'Ange de la mort"
07/05/2026
0
Déontologie
"Chez vous, on fait beaucoup d'enfants" : une étude fait la lumière sur "les violences médicales racistes"
02/06/2026
39
Infectiologie
Maladie de Lyme : malgré des avancées, des patients toujours en errance
27/05/2026
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2