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Trop rares, trop chers, trop riches : la Cour des comptes veut mater les ophtalmos

En dépit des très graves difficultés d'accès aux soins de la filière, les ophtalmologues se situent dans le peloton de tête des plus hauts revenus des médecins libéraux. Un "dysfonctionnement" pour la Cour des comptes, qui veut réorganiser la filière sachant que la population des ophtalmologues va encore baisser de 20 % dans les 12 ans à venir.

 

Cette année, la Cour des comptes a fait une halte sur la situation des soins visuels. Et ce qu'elle a constaté ne lui convient pas. Leur prise en charge "doit être réorganisée", estime-t-elle, car sous l'effet conjoint de la pénurie démographique et d'une très inégale répartition des ophtalmologues sur le territoire, surtout en secteur conventionnel strict, "les difficultés d'accès aux soins vont s'accentuer". D'autant que, parallèlement à cela, le secteur jouit d'une forte croissance de ses dépenses de santé, notamment des dépassements d'honoraires : 9,6 milliards d'euros en 2016, dont 6,1 milliards pour l'optique médicale. Une situation déséquilibrée qui caractérise "des dysfonctionnements emblématiques de certaines spécialités médicales", relève la Cour dans son dernier rapport sur l'application des lois de financement de la sécurité sociale.

D'ici 2030, le nombre d'ophtalmologues, déjà très insuffisant pour subvenir à la demande de soins, va encore baisser de 20 %. Tel est le constat hélas bien connu des responsables sanitaires, un bilan issu très logiquement des décisions de resserrement du numerus clausus et du nombre de places à l'internat prises de la fin des années 1980 à 2010 par les différents gouvernements. Les délais d'attente pour un rendez-vous peuvent atteindre plus de 6 mois dans certains endroits, relève la Drees dans sa dernière étude sur les difficultés d'accès aux soins (Voir en encadré) ; il est souvent plus judicieux pour un patient habitant à 250 km de Paris, de prendre rendez-vous dans la capitale, plutôt que d'espérer un hypothétique rendez-vous régional, qui, parfois ne vient pas pas, relatait l'économiste Roland Cash, à la journée du Centre national des professions de santé, le 5 octobre dernier.

 

Rentes de situation

 

Or, les professionnels libéraux du secteur se portent plutôt pas mal. Entre 2010 et 2016, les dépenses liées à l'ophtalmologie et à l'orthoptie en ville ont augmenté de 27 % en euros courants et de 22 % en euros constants (+ 3,4 % en moyenne annuelle), pour atteindre 1,7 milliards d'euros, sous l'effet de la croissance des actes et des dépassements d'honoraires qui...

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