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Plus de 1300 blessés, 51 patients évacués… Le point sur la situation sanitaire à Mayotte

Au moins 22 décès, plus de 1300 blessés et des pénuries d'eau et de nourriture. Quatre jours après le passage du cyclone Chido, l'île de Mayotte reste meurtrie. Les premiers soignants réservistes sont arrivés, tandis qu'un hôpital de campagne se met en place. Mais des inquiétudes persistent autour d'un retour du choléra dans l'archipel, a indiqué ce mercredi la ministre démissionnaire de la Santé. 

18/12/2024 Par Chloé Subileau
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Mise à jour du 18/12, 18h50 : le bilan est désormais de 31 morts

 

Quatre jours après le passage du cyclone Chido, le plus intense qu'ait connu Mayotte depuis 90 ans, l'archipel est dévasté. Les habitations ont été détruites, la population manque d'eau et de nourriture, le système de soins est très dégradé et le bilan humain reste incertain :  au moins 22 morts et 1 373 blessés ont été dénombrés, selon le ministère de l'Intérieur. "C'est un bilan provisoire. Je crains que ce bilan soit lourd, bien trop lourd", a précisé ce mercredi 18 décembre Bruno Retailleau, au micro de BFMTV-RMC

Invitée sur LCI, la ministre démissionnaire de la Santé et de l'Accès aux soins a, elle, annoncé que 71 professionnels de santé ayant répondu à l'appel suite au déclenchement de la réserve sanitaire nationale étaient arrivés sur place. "Il y a une trentaine [d'autres] qui vont rejoindre Mayotte le plus rapidement", a-t-elle ajouté.  

Geneviève Darrieussecq a, par ailleurs, rappelé que la sécurité civile "a immédiatement mis en œuvre ses dispositifs" et qu'elle déploiera très rapidement un hôpital de campagne – celui-ci devrait être opérationnel cette fin de semaine ou dans le week-end, selon le ministre démissionnaire des Outre-mer. De plus, "une unité modulaire de réanimation" va être mise en place, "en soutien de l'hôpital qui est très dégradé quand même sur le plan bâtimentaire", a annoncé la ministre démissionnaire. "Nous avons besoin de structures qui seront là à moyen terme, et jusqu'à ce que nous puissions faire une réparation efficace." 

Une cinquantaine de patients évacués  

Pour l'heure, 51 personnes ont été évacuées vers l'île de la Réunion pour être prises en charge. Ces évacuations vont se poursuivre "tous les jours", a assuré Geneviève Darrieussecq, ce mercredi matin, précisant que les patients concernés par ces mesures sont des personnes atteintes de "maladies chroniques lourdes et qui nécessitent des soins lourds" : "Ce ne sont pas des patients forcément blessés dans ce cyclone". 

Pour la ministre démissionnaire de la Santé, "la priorité absolue" sur l'île de Mayotte reste le secours "à la population", l'accueil des "blessés quand ils arrivent jusqu'à l'hôpital", et "avec toutes les forces de sécurité et de génie" la capacité à "repérer des blessés éventuels, des malades qui seraient en rupture de médicaments aussi". Sur ce sujet, la locataire de l'avenue de Ségur s'est montrée rassurante : "Il y a des médicaments qui sont en stock suffisant. Le grossiste, dit grossiste répartiteur sur l'île, à des stocks qui n'ont pas été abimés et nous avons envoyé d'autres stocks", a-t-elle affirmé. 

Un possible retour du choléra ? 

Mais alors que l'eau et la nourriture manquent, et que les infrastructures ont été largement dégradées, la crainte d'une recrudescence de l'épidémie de choléra est forte sur l'archipel. "Il n'y a pas aujourd'hui de raison de penser que le choléra serait présent, mais bien sûr que c'est une inquiétude puisqu'il y avait du choléra le printemps dernier, jusqu'au mois de juillet", a reconnu Geneviève Darrieussecq, affirmant que le Gouvernement constituait des "réserves de vaccin", "afin de pourvoir les déployer si c'est nécessaire".  

"Notre première urgence, c'est de pouvoir distribuer dans de bonnes conditions l'eau acheminée" sur l'île pour venir en aide à la population, a-t-elle ajouté. Selon le ministre démissionnaire des Outre-mer, François-Noel Buffet, "1,5 million de litres d’eau et d'alimentation qui sont arrivés à Mayotte" mardi 17 décembre, et sont distribuées depuis ce mercredi "au sein des communes", a-t-il précisé, sur BFMTV. "D’autres rotations continuent" ce jour, "elle seront permanentes", a-t-il indiqué. 

Emmanuel Macron est, lui, attendu ce jeudi sur l'île où il décrètera "un deuil national". Le Premier ministre nouvellement nommé, François Bayrou, se rendra sur place dans les prochains jours, lorsque son Gouvernement sera formé. 

[avec LCI et BFMTV] 

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Michel Rivoal
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Débatteur Passionné
Anesthésie-réanimation
il y a 1 an
Bon, je ne voudrais pas faire trop de mauvais esprit et le fait de se déplacer, si c'est pour être utile aux décisions, c'est déjà bien. Mais la plupart des avis sur ce qui est préoccupant dans l'urgence, c'est la distribution d'eau (potable), de nourriture et d’électricité (pour faire fonctionner le nécessaire y compris la téléphonie). Le choléra est un grand mot qui fait peur (sans doute avec raison compte tenus des antécédents récents) mais la dénutrition, la malnutrition, la déshydratation (avec ou sans maladie: diarrhée commune ou typhoïde, voire choléra) sont les urgences sanitaires les plus marquantes qui peuvent tuer bon nombre d'enfants dans les jours qui viennent. Alors mon mauvais esprit revient en force: où est B.Kouchner avec son sac de riz sur l'épaule ? Mayotte n'est pas la Somalie mais ce département lointain est le parent pauvre de nos départements. Là bas ce n'est pas la guerre qui l'a ruiné parce qu'il n'a jamais été riche. Et si l'on se préoccupait moins de l'immigration clandestine que des infrastructures, cela n'empêcherait certes pas les catastrophes climatiques "naturelles" mais les régions tropicales sont exposées plus que d'autres aux cyclones, les îles sont plus facilement isolées. Gouverner c'est prévoir et l'on a rien prévu depuis des lustres: le bilan, même loin des yeux, risque d'être terrible.
 
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