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"Le SAS sert de secrétariat aux médecins généralistes" : les urgentistes de Saint-Brieuc en grève illimitée

Les urgentistes du Samu de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor) ont entamé lundi une grève illimitée de la régulation des appels relevant de la médecine générale pour dénoncer l'"échec total" du service d'accès aux soins (SAS). 

03/11/2026 Par Aveline Marques
Permanence des soins Urgences
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Mis en place il y a trois ans, le SAS a été pensé pour décharger les urgences. Mais si l'on en croit les urgentistes du Samu de Saint-Brieuc, il aurait l'effet inverse. Dénonçant "l'échec total" du dispositif pensé par l'ancien ministre de la Santé - et urgentiste - François Braun, les régulateurs hospitaliers ont entamé lundi une grève illimitée, consistant à cesser la régulation des appels relevant de la médecine générale.

Depuis la création du SAS, le nombre d'appels quotidiens au 15 a explosé, passant de 800 à 1400, avec des pointes à 2000 l'été, explique le Dr Christian Brice, délégué régional de l'Association des médecins urgentistes de France, à nos confrères du Télégramme. "60 à 70%" de ces appels relèvent de la médecine générale.  

Problème : les régulateurs libéraux ne sont pas assez nombreux pour les traiter – ils ne seraient qu'une "douzaine" à se relayer. "Comme les généralistes manquent un jour sur deux à Saint-Brieuc, ce sont les urgentistes qui prennent ces appels, nous empêchant de répondre dans les trois minutes aux urgences vitales", déplore le praticien, qui a démissionné de son poste de chef de service. "Cette situation a provoqué de nombreuses démissions à Saint-Brieuc. Il nous faudrait 22 médecins pour assurer nos quatre lignes de garde à l'année : nous ne sommes plus que onze", rapporte-t-il. 

Près de l'entrée des urgences, une banderole "SAS=mort du Samu" a été accrochée. "En réalité, le SAS sert de secrétariat géant aux médecins généralistes, assène Christian Brice. Vu la pénurie de médecins installés, dont on salue le travail intense sans le remettre en cause, le 15 sert à trouver des créneaux sur Doctolib ou un rendez-vous dans la journée."  

Sollicitée par Ouest-France, la direction de l'hôpital Yves-Le Foll appelle la population à ne plus solliciter le 15 "pour un renouvellement d'ordonnance, un certificat médical, une prolongation d'arrêt de travail ou tout autre motif qui ne relève pas de l'urgence". "Lorsque le médecin traitant n'est pas disponible (ou si vous n'en avez pas), vous pouvez chercher un professionnel près de chez vous en consultant la carte des lieux de soins non programmés de Santé.fr", précise la direction. 

Faut-il imposer à tous les généralistes libéraux d'être le médecin traitant d'au moins 500 patients ?

Pascale Debenest

Pascale Debenest

Non

J'ai choisi médecine libérale justement pour être libre d'organiser mes journées comme je l'entends . Je suis en campagne (bourg d... Lire plus

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