Accès aux soins

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Grand Est : Moins d'un tiers des généralistes acceptent de nouveau patients

Une étude de l'URPS Médecins Libéraux Grand Est, réalisée en partenariat avec l'institut CSA, évalue les conditions d'accès à un médecin généraliste dans la région en se focalisant sur les délais d'obtention des rendez-vous. Si le délai médian était d'un jour pour les demandes "semi-urgentes", près de deux patients sur trois ne sont tout simplement pas parvenus à obtenir un rendez-vous. 

09/07/2026 Par Sandy Bonin
Accès aux soins

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Pour évaluer les conditions réelles d'accès à un médecin généraliste dans la région Grand Est, cette étude de l'URPS repose sur une méthodologie combinant des appels téléphoniques "mystères" et l'analyse des plateformes de prise de rendez-vous en ligne auprès des généralistes en activité. 

L'étude montre pour les demandes "semi-urgentes" réalisées par téléphone, seuls 33 % des appels aboutissent à un rendez-vous. Lorsqu'un rendez-vous est proposé, les délais restent courts : le délai médian est d'un jour et la majorité des consultations sont obtenues en moins de trois jours. Pour un scénario non urgent, le délai médian est de 4 jours et le délai moyen est de 8,2 jours.  

Mais l'étude dévoile aussi que deux tiers des demandes échouent, principalement parce que les médecins n'acceptent plus de nouveaux patients. 54 % des médecins généralistes déclarent ne pas accepter de nouveaux patients en tant que médecin traitant, avec d'importantes disparités selon les territoires.  

Seuls 27 % des généralistes acceptent encore de devenir médecin traitant pour de nouveaux patients, un taux qui tombe sous les 16 % dans plusieurs départements de la région (Aube, Haute-Marne, Moselle…), alors qu'il grimpe à 44% dans le Bas-Rhin. Une situation qui est la "conséquence directe de la raréfaction de l'offre médicale et du vieillissement des médecins", constate le document qui relève que 31,5% des généralistes sont âgés de 60 ans et + dans le Grand Est. 

Le taux d'échec des prises de rendez-vous atteint ainsi 67%. Parmi les causes de refus, 9% de médecins ne proposent pas de rendez-vous "semi-urgent" et 4% ont une indisponibilité temporaire. 

Concernant la prise de rendez-vous en ligne, 46 % des médecins disposent d'une plateforme active. Pour un motif non urgent, le taux d'obtention d'un rendez-vous atteint 40 %, avec un délai médian de quatre jours. Les disparités territoriales restent importantes et un quart des Territoires de Vie-Santé ne proposent aucun rendez-vous disponible en ligne. 

L'étude montre que la proportion de rendez-vous obtenus est légèrement plus élevée chez les médecins hommes (36%) que chez les femmes (30%). Des différences modestes qui suggèrent que le sexe du médecin n'influence que marginalement la disponibilité observée dans la région. 

L'analyse révèle aussi que les médecins exerçant seuls présentent une probabilité légèrement supérieure d'accepter de nouveaux patients ou de proposer un rendez-vous que ceux exerçant en cabinet de groupe.  

La probabilité d'obtenir un rendez-vous varie fortement en fonction des zones urbaines ou rurales : l'écart entre zones rurales (29%) et villes moyennes (18%) atteint 11 points. 

L'étude souligne que les indicateurs de délai de rendez-vous ne suffisent pas à caractériser l'accès aux soins. Elle met d'abord en lumière un écart entre le nombre de médecins généralistes recensés officiellement et le nombre de ceux réellement actifs, c'est-à-dire ceux assurant des Soins non programmés et le suivi en tant que médecin traitant. Un écart qui n'est pas pris en compte dans les zonages actuels.  

L'URPS défend le développement des assistants médicaux, le renforcement du Service d'accès aux soins (SAS), une meilleure valorisation des médecins accueillant de nouveaux patients et un soutien accru à la médecine générale de premier recours. À l'inverse, elle considère que les mesures de régulation coercitive de l'installation des médecins risqueraient de fragiliser davantage l'attractivité de la spécialité sans répondre aux difficultés constatées.

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