Pas de risque cardiovasculaire spécifiquement lié à la stéato-hépatopathie non alcoolique

25/10/2019 Par Pr Philippe Chanson
Hépato-gastro-entérologie
La stéato-hépatopathie non alcoolique (connue aussi sous le nom de NASH) est un marqueur d’accumulation ectopique de graisses et un marqueur de risque de diabète. Elle serait associée à un risque accru d’infarctus du myocarde et d’accident vasculaire cérébral. Afin de préciser ce risque, une étude de cohorte appariée de population a été menée à partir de bases de données de soins primaires de 4 pays européens : l’Italie, les Pays-Bas, l’Espagne et le Royaume-Uni.

Les données de 120 795 adultes avec un diagnostic d’hépatopathie stéatosique non alcoolique ou de stéato-hépatite non alcoolique, sans autre pathologie hépatique, ont été analysées après appariement, pour chaque cas, à 100 hépatopathies non alcooliques de la même base de données. Sur un suivi moyen de 2.1 à 5.5 années, après ajustement pour l’âge et le tabagisme, le hazard ratio poolé pour un infarctus du myocarde était de 1.17 (IC 95 % = 1.05 à 1.3) donnant 1035 événements chez les participants ayant une stéato-hépatopathie non alcoolique en comparaison de 67 823 témoins appariés. Cependant, si les analyses étaient faites dans un groupe pour lequel les données sur les facteurs de risque étaient plus complètes (86 098 stéato-hépatopathies non alcooliques et 4 664 988 témoins appariés), le hazard ratio pour la survenue d’un infarctus du myocarde après ajustement sur la pression artérielle systolique, le diabète de type 2, le taux de cholestérol, l’utilisation de statines et la présence d’une hypertension, n’était plus que de 1.01 (0.91 à 1.12). Après ajustement pour l’âge et le statut tabagique, le hazard ratio poolé pour les accidents vasculaires cérébraux était de 1.18 (1.11 à 1.24) mais dans le groupe avec des données plus complètes sur les facteurs de risque, le hazard ratio pour les AVC baissait à 1.04 (0.99 à 1.09) après ajustement pour le diabète de type 2, la pression artérielle systolique, le taux de cholestérol, l’utilisation de statines et l’hypertension. En conclusion, le diagnostic de stéato-hépatopathie en pratique courante sur un total de 17.7 millions de patients ne semble pas associé à un risque d’infarctus du myocarde ou d’accident vasculaire cérébral après ajustement pour les facteurs de risque cardiovasculaires établis. L’évaluation du risque cardiovasculaire chez les adultes ayant un diagnostic de stéato-hépatopathie non alcoolique est important mais il doit être fait de la même façon que dans la population générale.

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Marie GILARDI

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