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@Georges Blond/stock.adobe.com.

Jeune généraliste, il quitte soudainement son cabinet : "Les incivilités et les exigences répétées ont fini par m'épuiser"

Installé depuis quelques mois à Dinéault (Finistère), un jeune médecin généraliste a quitté sans prévenir son cabinet, selon nos confrères du Télégramme. Dans un second article, le praticien explique que les incivilités et les exigences répétées d'une partie du public ont conduit à son départ.  

15/07/2026 Par Alexis Vignais
Médecine générale
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@Georges Blond/stock.adobe.com.

C’est un départ que beaucoup n'ont pas compris. Début juillet, nos confrères du Télégramme faisaient état d'une situation assez exceptionnelle au sein de la commune de Dinéault, dans le Finistère. Un jeune médecin généraliste, le Dr Pierre Le Bras, aurait cessé son activité sans prévenir personne. Dans l'article, on comprend que certains patients ont appris la nouvelle via un rendez-vous annulé sur Doctolib ou en découvrant la porte fermée du cabinet.

"On prend ça pour du mépris"  

Selon nos confrères, le professionnel de santé aurait seulement laissé un texto évoquant une lassitude face aux "exigences" et aux "incivilités", citent nos confrères. Face à ce départ, les patients se sont reportés sur les cabinets des communes voisines, qui ont absorbé le flux, au moins temporairement.  

Ce départ a provoqué la colère du maire de la commune, Jean-Marc Cornillou : "On déroule des conditions exceptionnelles et, en retour, on perd un médecin. On prend ça pour du mépris", a-t-il indiqué au Télégramme. Aide à l'installation, logement de fonction… En effet, plusieurs mesures avaient été prises pour aider le professionnel de santé à s'installer.  

"Mon départ, je l’ai vécu comme un instinct de survie" 

Des conditions saluées par l'intéressé lui-même. Alors qu’il ne s'était pas exprimé dans le premier article, Pierre Le Bras a pris la parole dans un second. Il dit d'abord mesurer "la surprise et la déception" provoquées par son départ. Avant d'affirmer que celui-ci n'a rien à voir avec "les conditions" offertes au médecin généraliste. "La mairie et l'ensemble des acteurs locaux se sont montrés à la hauteur, et je les en remercie sincèrement", écrit-il. Mais cela ne semble pas avoir suffi.  

"Si je suis parti, c'est pour une raison plus difficile à dire, parce qu'elle est diffuse et quotidienne : les incivilités et les exigences répétées d'une partie du public - arrêts de travail réclamés sans justification médicale, rendez-vous exigés sur-le-champ, pressions et agressivité lorsqu'un refus est opposé, énumère Pierre Le Bras. Prises une à une, ces situations paraissent anodines ; répétées jour après jour, elles finissent par épuiser. Mon départ, je l'ai vécu comme un instinct de survie."  

Le professionnel admet toutefois n'avoir pas agi idéalement concernant les conditions de préavis. "Je tiens toutefois à préciser un point essentiel : j'ai transmis leur dossier médical aux patients que je suivais régulièrement, afin qu'ils puissent poursuivre leur suivi sans rupture." Que va-t-il faire désormais ? Il ne le précise pas, mais le médecin glisse un conseil afin d'éviter à l'avenir ce type de situation. "Peut-être serait-il temps, plutôt, de commencer à responsabiliser les patients : tant que le soin sera vécu par certains comme un dû sans limites ni devoirs, aucune mesure ne suffira à retenir durablement les médecins dans nos campagnes." 

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4 débatteurs en ligne4 en ligne
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Jeanne I
379 points
Incontournable
il y a 1 mois
Bonjour ! Difficile de juger ce jeune médecin car nous n'étions pas là pour voir ce qui s'est passé au fil des mois. Ce qui est sûr : les patients devraient se remettre en cause quand une telle situation se produit. Le maire qui s'indigne: il a aussi raison s'il a favorisé l'installation du médecin, mais donner un blanc seing aux patients, c'est peut-être cautionner une certaine légitimité aux comportements inacceptables de certains (ne jetons pas la pierre à tous car la majorité sont sympa quand même). Pour répondre de façon large, on parle de la responsabilité d'internet, chat GPT , j'ajouterai que les "médecins médiatiques" n'arrangent rien. Transformer la médecine en "spectacle" sur les ondes et les écrans pour moi ne peut que décrédibiliser la profession. Et c'est bien dommage pour les médecins et tous les soignants de terrain. Je suis à la retraite depuis quelques années après 40 ans de libéral et j'ai vu le situation relationnelle se dégrader (et ce n'était pas de ma faute!!), par manque d'éducation de la plupart des désagréables ( les désagréables ne sont pas tous mal éduqués et ceux-là on les supporte en consultation) et aussi par la pénurie médicale qui rallongeait les délais de rendez-vous. Cette évolution est désolante.
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Georges FICHET
6,9 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 1 mois
Il faut bien que nous commencions à nous soigner nous-même. Combien de fois ai-je conseillé à mes patients de prendre soins et de s'occuper d'abord d'eux même et d'apprendre à se préserver. Ce jeune confrère a parfaitement raison de se préserver d'abord lui-même et de s'éviter le burnes-out ultérieur qui lui serait fatalement tombé dessus ! Il faut rééduquer les patients et pour cela rien de tel que de les convaincre par le porte-monnaie : suppression du tiers payant et retour au paiement direct des honoraires. Car on ne respecte que celui qu'on paye. Ayant toujours refusé de pratiquer le tiers payant, je sais de quoi je parle. Mes patients me respectent et je mets un point d'honneur à effectuer mon travail de mon mieux pour le juste prix qu'ils me payent (consultation à 50 euros). Et je n'ai jamais eu d'incivilité à déplorer en 40 ans d'exercice, contrairement à nombre de mes confrères qui sont tombés dans le piège du tiers payant dès leur installation. L'erreur que notre jeune confrère a faite a été d'accepter des aides. Il faut s'installer tout seul pour n'être redevable de quoi que ce soit envers quiconque. Le président Mao disait dans son petit livre rouge "d'abord compter sur ses propres forces" !!!
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JEAN-THIERRY BETROM
267 points
Incontournable
Radiodiagnostic et imagerie médicale
il y a 1 mois
Une clientèle ça s'éduque et ceux qui ne veulent pas le comprendre vont voir ailleurs. Ce n'est que comme cela qu'un médecin peut être pris au sérieux. La gentillesse a des limites ... les arrêts de travail aussi. Ensuite la gratuité des soins et des médicaments est une aberration installée progressivement par 2 générations d'hommes politiques, gauche et droite confondues, plus soucieux de leur réélection que du coût de ces mesures pour le pays. Depuis qu'il suffit de tendre sa carte Vitale chez le médecin et le pharmacien, comme le droit à la santé (bonne si possible) est inscrit dans toutes les mémoires, il est impossible de savoir combien coûte une consultation, un examen radiologique, une opération ou un médicament. Allez donc responsabiliser vos compatriotes avec tout ça ! Et ce n'est pas l'informatique qui a amélioré la situation ... Bon courage aux prochains ministres de la santé et autres.
 
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