Une thérapie ciblée contre le mésothéliome

04/04/2017 Par Dr Alain Trébucq
Cancérologie

Le mésothéliome pleural est une tumeur maligne rare de la plèvre (environ 800 nouveaux cas par an en France), dans la majorité des cas consécutive à une exposition chronique à l’amiante. Son pronostic reste sombre avec une médiane de survie de 9 à 12 mois et un taux de survie à 5 ans de seulement 7%.

Peu d’avancées thérapeutiques ont été proposées ces dernières années, aussi faut-il souligner l’intérêt de la publication citée en référence, montrant une efficacité réelle du pembrolizumab dans certaines formes de mésothéliome pleural, exprimant le ligand PD-L1, lequel exerce un effet inhibiteur sur les lymphocytes T. Le pembrolizumab est un anticorps monoclonal anti PD1 (Keytruda, laboratoire MSD) ayant notamment fait ses preuves contre le mélanome mais aussi divers autres cancers, dont le cancer bronchique non à petites cellules et le cancer du rein, dès lors que ces tumeurs malignes expriment le ou les ligands concernés. Dans cette nouvelle étude dont les résultats sont publiés dans The Lancet Oncology, 25 patients présentant un mésothéliome pleural exprimant le ligand PD-L1 ont été recrutés par 13 centres de 6 pays différents ; tous, après administration de la chimiothérapie référente en première intention, ont reçu un traitement par pembrolizumab à raison de 10mg/kg toutes les 2 semaines durant 2 ans (ou jusqu’à reprise de la progression tumorale ou confrontation à une toxicité trop importante). Quatorze des 25 patients ont vu leur masse tumorale diminuer ; toutefois, au moment où les auteurs ont rédigé leur article, 14 des 25 patients étaient décédés, mais 4 patients étaient toujours sous traitement. Pour les auteurs, il s’agit d’un résultat très encourageant car statistiquement, la survie moyenne lors d’un traitement de seconde intention n’est habituellement que de 6 à 7 mois alors qu’elle est dans cette étude de 18 mois et que 4 patients sont toujours en vie après 2 ans de traitement. Ces résultats prometteurs sont facilités par la bonne tolérance du pembrolizumab, aucun patient n’ayant dû interrompre son traitement en raison d’effets indésirables trop importants.

Faut-il supprimer les ARS ?

Patrick Tafani

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Oui

Oui,3 fois oui. ils sont inutiles et nocifs pour la bonne marche de la pratique médicale de terrain......on la vu pour la covid. ... Lire plus

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