"Ne pas réanimer" tatoué sur le torse : Des médecins confrontés à un cas de conscience

04/12/2017 Par Aveline Marques
Ethique

Un médecin du Jackson Memorial Hospital de Miami raconte dans un article paru jeudi dans le New England Journal of Medicine le redoutable cas de conscience auquel son équipe a été confrontée.

L'homme, âgé de 70 ans, est arrivé inconscient à l'hôpital. Présentant un taux d'alcoolémie élevé et des problèmes respiratoires, il est hospitalisé. Il n'a aucun papier d'identité sur lui. Seul signe distinctif : un tatouage sur le torse, mentionnant "Ne Pas Réanimer" (NPR), accompagné de sa signature. Le mot "Pas" est souligné.   Appel à un service d'éthique   Les médecins ont initialement décidé de "ne pas respecter le tatouage", ne souhaitant pas "s'engager dans une voie irréversible". Ils ont donc administré des soins de base à l'homme. Mais, interpellés par son tatouage, ils ont également fait appel à un service d'éthique, qui leur a conseillé de prendre ce message en considération, comme s'il s'agissait d'un "vrai" NPR, un ordre de ne pas réanimer mentionné dans son dossier médical. L'état du patient s'est rapidement dégradé pendant la nuit et il est mort peu de temps après.   "Plus de confusion que de clarté"   Entre-temps, le patient avait été finalement identifié et son ordre de ne pas réanimer avait été retrouvé dans son dossier du département de la santé floridien, ce qui a convaincu les médecins qu'ils avaient pris la bonne décision. Mais "son tatouage a apporté plus de confusion que de clarté", note l'article. La question s'est notamment posée de savoir si les tatouages représentaient "des souvenirs permanents ou des décisions malheureuses, prises quand la personne était sous l'influence de l'alcool".   Pari alcoolisé   En 2012, un homme de 59 ans avait été hospitalisé avec la mention "N.P.R." sur sa poitrine, alors que son dossier ne mentionnait pas d'ordre de ne pas réanimer. L'homme a confirmé que le message tatoué n'était pas à prendre en compte. Interrogé alors sur le sens de ce tatouage, il avait expliqué qu'il était la trace d'un pari alcoolisé perdu dans sa jeunesse. Il n'avait jamais pensé que quelqu'un le prendrait un jour au sérieux. [avec AFP]

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Patrick Tafani

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Oui,3 fois oui. ils sont inutiles et nocifs pour la bonne marche de la pratique médicale de terrain......on la vu pour la covid. ... Lire plus

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