Passé à côté d'un abcès cérébral, un urgentiste jugé pour homicide

29/01/2019 Par Aveline Marques
Faits divers / Justice

Plus de 10 ans après le décès d'une adolescente de 17 ans, le tribunal correctionnel de Valenciennes jugeait l'urgentiste qui l'avait prise en charge et n'avait pas posé le bon diagnostic.

  Le 21 août 2007, cette lycéenne de 17 ans est admise aux urgences de la polyclinique Vauban, à Valenciennes. Elle souffre de céphalées persistantes, de vomissements et de désorientation. La veille, lors d'un premier passage aux urgences, l'adolescente avait effectué un scanner : le radiologue avait alors conclu à une sinusite. Le médecin urgentiste qui la prend en charge ce jour-là en reste là. Ce n'est que le lendemain, alors que la jeune fille revient aux urgences, qu'un confrère décèle l'abcès accompagné d'œdème cérébral dont elle décède finalement le 29 août.   "Règle d'or" aux urgences : "tout reprendre à zéro"   Le médecin passé à côté de cet œdème a-t-il commis une faute ? Le retard de diagnostic a-t-il été fatal ? C'est ce que le tribunal correctionnel devait déterminer, sur la base d'un rapport d'expertise. "Ce médecin a pris les choses une par une, mais pas dans leur globalité", a estimé l'expert auprès de la cour d'appel de Paris. "Une des règles d’or en médecine d’urgence : quand un patient vient, tout reprendre à zéro et ne pas se fier à ce qui s’est passé la veille", a-t-il affirmé. "La règle d’or de l’urgentiste est très belle et il serait idéal qu’elle s’applique constamment, mais ça n’est pas possible (…). Si, à chaque fois qu’une personne se présente aux urgences (…), on refaisait l’intégralité des examens médicaux, tous les hôpitaux et cliniques fermeraient", a défendu l'avocat du médecin, qui affirme par ailleurs que la mère de l'adolescente ne lui avait pas transmis toutes les informations. Son confrère radiologue lui n'a quant à lui pas été poursuivi pour son erreur de diagnostic. Le tribunal a condamné l'urgentiste pour homicide involontaire à 12 mois de prison avec sursis, 3 000 euros d'amende et à près de 150 000 euros de dommages et intérêts. Le médecin a fait appel. [avec lavoixdunord.fr]

Faut-il supprimer les ARS ?

Patrick Tafani

Patrick Tafani

Oui

Oui,3 fois oui. ils sont inutiles et nocifs pour la bonne marche de la pratique médicale de terrain......on la vu pour la covid. ... Lire plus

1 débatteur en ligne1 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Témoignage
Après la leucémie de son fils, elle se lance dans des études de médecine : "J'ai voulu redonner ce qu’on m...
05/05/2026
2
Témoignage
"Ma concentration ne dépassait pas les 30 minutes" : médecin généraliste, elle raconte "l'enfer" de son burn...
15/04/2026
22
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Psychiatrie
"La caisse me réclame plus de 40.000 euros" : le combat d'un psychiatre pour des prescriptions basées sur les...
08/04/2026
20
Maladies rares
Qu’est-ce que le syndrome de Moersch-Woltman, dont est atteinte Céline Dion ?
01/04/2026
14
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2