Prélèvements sanguins chez les gilets jaunes : le parquet ouvre une enquête

21/05/2019 Par Yvan Pandelé
Des soignants réalisent des prélèvements sanguins chez les manifestants gilets jaunes, à la recherche de traces de cyanure. Le parquet de Paris a ouvert jeudi une enquête préliminaire pour "violences volontaires" et "mise en danger de la vie d'autrui".

  Il y a une semaine, Le Parisien révélait qu'une équipe de médecins et de soignants circulaient parmi les gilets jaunes parisiens exposés à des gaz lacrymogènes afin de réaliser des prélèvements sanguins. L'équipe travaille à détecter des traces de cyanure – un des produits de dégradation des gaz CS utilisés par la police – dans le sang des manifestants. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire jeudi 16 mai pour "violences volontaires aggravées" et "mise en danger de la vie d'autrui", au regard des conditions sanitaires dans lesquelles ont été effectués les prélèvements.   Ordonnances et consentement éclairé Ces soignants avaient d'abord été repérés par la Coordination 1ers Secours France, un collectif de street medics, qui ont dénoncé dans un communiqué un mélange des genres et une "usurpation du terme et des couleurs de street-médics". Interrogé par l'AFP, le Dr Renaud Fiévet, médecin anesthésiste belge et membre de l'équipe, affirme que les prélèvements ont été faits "dans le respect des protocoles", à l'initiative d'un groupe composé de deux "médecins" et un "docteur en biologie". "Des ordonnances ont été établies pour ces prélèvement et les personnes prélevées ont signé un consentement écrit", a-t-il précisé.

L'équipe a d'ailleurs publié une lettre de réponse sur un blog Mediapart. Ils y expliquent que le cyanure étant éliminé du sang "en quelques minutes", la détection de traces consécutives à une exposition aux gaz lacrymogène doit se faire sur le terrain. "Au total 14 manifestants ont été prélevés sur une quarantaine de manifestants secourus", précisent-ils. Tous l'ont été à l'occasion des manifestation parisiennes du 20 avril et du 1er mai. L'Ordre des médecins, contacté par l'AFP, estime que ces prélèvements ne sont pas interdits dans la mesure où ils sont effectués "par un professionnel qualifié et identifié" et si la "personne consent à un prélèvement biologique pour des motifs qu'elle connaît". [Avec AFP]

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