Détournement de fonds, prise illégale d’intérêts : une cheffe de service visée par une enquête

12/06/2023 Par Pauline Machard
Faits divers / Justice
L’ouverture de cette enquête par le procureur de la République de Lyon vise le service ophtalmologie de l’hôpital Edouard-Herriot. Elle fait suite à un rapport de la chambre régionale des comptes et à un signalement de l’association Anticor.  

 

Le procureur de la République de Lyon, Nicolas Jacquet, a ouvert une enquête pour “prise illégale d’intérêts” et “détournement de fonds publics” visant la cheffe du service ophtalmologie de l’hôpital Edouard-Herriot, Carole Burillon, révèle Le Figaro.  

Cette décision fait suite au signalement de l’association Anticor - évoqué par Médiacités -, lui-même basé sur un rapport de la chambre régionale des comptes, explique le quotidien. Selon une juriste pour Anticor, citée par Le Figaro, “cette personne est intervenue dans le contrôle et dans l’exécution d’une convention d’utilisation de matériel de pointe d’ophtalmologie, dont son époux était gérant”. Ces conventions, détaille le média, “permettent aux établissements hospitaliers qui investissent dans des équipements coûteux mais pas forcément utilisés en continu de les mettre à disposition de praticiens libéraux contre rémunération”. Or la convention a été renouvelée depuis 2010, alors que Carole Burillon était cheffe de service, sans appel d’offres, ce qui est imposé depuis les 4 dernières années. Si les HCL ont dénoncé la convention, la cheffe de service n’aurait fait l’objet d’aucune poursuite disciplinaire. L’intéressée fait saloir notamment que “la majorité des membres signataires en 2010 savait que c’était mon mari”.  

Outre l’absence de mise en concurrence, rapporte Le Figaro, la chambre régionale des comptes a pointé notamment la non évolution des tarifs de la convention depuis 2010, pourtant prévue annuellement. En conséquence, les hospices civils de Lyon n’auraient pas engrangé 488 000 euros de recettes entre 2013 et 2020. Ce qui, selon le signalement d’Anticor, est susceptible de constituer un détournement de fonds. Carole Burillon se justifie auprès du Figaro en expliquant entre autres ne pas intervenir dans les finances du CHU : “C’est la SCM [la SCM Lyon Lasik dont son mari est l’un des gérants] qui reversait les sommes nécessaires aux HCL. Je n’avais aucun moyen de détourner quoi que ce soit”. En réponse au rapport de la chambre, rappelle le quotidien national, la SCM avait déclaré que les tarifs n’avaient pas à varier puisque les soins visés ne nécessitaient pas d’hospitalisation.  

[Avec Le Figaro

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