@Sebastian Kaulitzki/stock.adobe.com
Spondyloarthrite ankylosante : en quête des phases précoces de la maladie
Traiter au plus tôt pour prévenir l’évolution de la maladie : tel est l’un des enjeux de la recherche sur la spondyloarthrite ankylosante, souvent diagnostiquée tard. Au-delà du diagnostic précoce, des travaux sont en cours pour identifier les patients à risque, en vue d’un traitement préventif.
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En raison du caractère peu spécifique de ses symptômes, tels que le mal de dos et la raideur matinale, la spondyloarthrite axiale (axSpA), maladie qui affecte majoritairement de jeunes hommes, est souvent diagnostiquée tardivement. Pourtant, plusieurs études soulignent l’importance de l’identifier rapidement, si possible au cours des deux années suivant l’apparition des symptômes, afin de la traiter au plus vite.
D’un point de vue clinique, "une axSpA précoce ne signifie pas pour autant qu’elle soit légère", explique le Pr Raj Sengupta, rhumatologue au Royal National Hospital for Rheumatic Diseases (Bath, Royaume-Uni). Mesurée par le score Basdai, l’activité de la maladie est en effet similaire quelle que soit l’ancienneté des symptômes. En revanche, les dommages radiographiques sont plus prononcés si les patients ont été diagnostiqués tardivement.
De même, toute année supplémentaire de retard diagnostique est liée à une hausse d’environ 7% du risque d’incapacité de travail (1). Selon Raj Sengupta, "il existe une fenêtre d’opportunité, une phase précoce durant laquelle la maladie est très active. Et si nous pouvons intervenir aussi tôt, et prescrire aux patients les bons traitements, nous pourrions améliorer l’évolution de la maladie".
A court terme, la réponse clinique aux biothérapies ne semble toutefois pas différer de manière significative selon l’ancienneté des symptômes. Les bénéfices d’un traitement précoce semblent plutôt jouer sur le long terme, en particulier sur les chances de rémission, la progression radiographique, l’évolution de la douleur et les arrêts de travail, observe Raj Sengupta (2) (3).
Prévoir l’axSpA… pour la prévenir ?
S’il est possible d’améliorer l’évolution à long terme par un traitement précoce, le fait qu’une axSpA puisse d’emblée présenter une activité élevée suggère l’intérêt d’agir encore plus tôt, avant même la survenue des premiers symptômes. Pour cela, des travaux sont en cours sur des sujets à risque d’axSpA, en particulier les personnes apparentées au premier degré de patient spondyloarthritiques, dans l’objectif ultime d’un traitement préventif.
Ainsi, une étude suisse, probablement la plus importante menée à ce jour sur le sujet, a suivi, pendant 35 ans, 806 apparentés de 363 patients (4). Parmi les 360 finalement analysés au terme de ce suivi, 27,1% avaient eux-mêmes développé une SpA. Les chercheurs ont notamment relevé l’importance de l’allèle HLA-B27, facteur de risque génétique bien établi d’axSpA.
D’autres travaux sont en cours aux Pays-Bas afin de mieux définir les facteurs d’apparition d’une axSpA parmi les apparentés. Selon des résultats à un an de suivi, publiés en 2022, 7% de ces personnes, initialement indemnes d’axSpA, avaient à leur tour développé la maladie, dont 86% de positifs pour l’allèle HLA-B27 (5). Enfin, d’autres résultats de cette étude néerlandaise révèlent la présence de signatures génétiques spécifiques chez les personnes évoluant vers l’axSpA, suggérant la possibilité d’identifier très précocement ces individus.
Selon la Dre Marleen van de Sande, rhumatologue au Centre médical de l’université d’Amsterdam, "nous sommes face à une population à risque, avec une incidence d’axSpA d’environ 25% dans la cohorte suisse, d’environ 7% en un an dans notre cohorte. Nous observons une inflammation subclinique, des changements de marqueurs moléculaires. Cela sera-t-il suffisant pour envisager un traitement préventif ? Il est encore trop tôt pour le dire".
- Gunasekera W et al., Annals of the Rheumatic Diseases 10 juin 2014
- Baraliakos X et al., Journal of Rheumatology, 15 juin 2015
- Haroon N et al., Arthritis & Rheumatology, 1er octobre 2013
- van der Linden SM et al. Annals of the Rheumatic Diseases, 11 mars 2022
- de Jong HMY et al., Arthritis Care & Research, 7 septembre 2022
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Références :
Congrès 2026 de European Alliance of Associations for Rheumatology (Eular 2026, Londres, 3-6 juin). D’après la session "Early axSpA: a race against time?" (6 juin).
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