@Jakub Krechowicz/stock.adobe.com
Peaux de couleur : des présentations cliniques qui peuvent brouiller le diagnostic
Chez les patients ayant une peau de couleur, certaines maladies dermatologiques présentent des caractéristiques particulières, susceptibles de compliquer le diagnostic. Comprendre ces spécificités implique notamment de tenir compte de la biologie de la mélanine, mais aussi, de la façon dont l’inflammation se manifeste cliniquement.
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Dans les peaux pigmentées, la mélanine épidermique masque en partie l’érythème. Une inflammation peut ainsi apparaître moins rouge, voire prendre des teintes violacées, grisâtres ou jaunâtres. "Cette particularité concerne notamment la dermatite atopique, le psoriasis ou l’urticaire. Il faut parfois palper la peau pour apprécier l’inflammation. La xérose et les dyschromies peuvent également être plus apparentes", souligne la Pre Susan Taylor, professeure de dermatologie à la Perelman School of Medicine de l’université de Pennsylvanie.
Dans la dermatite atopique, les phénotypes et les voies immunitaires peuvent différer selon les populations. Chez les patients d’origine africaine, les lésions peuvent notamment être plus folliculaires ou papulaires. Chez les patients asiatiques, la présentation peut prendre un aspect proche du psoriasis. Ces variations doivent être connues pour éviter de méconnaître ou de sous-estimer la maladie.
L’hyperpigmentation post-inflammatoire, un enjeu majeur
Après une inflammation, les patients à peau foncée développent fréquemment une hyperpigmentation post-inflammatoire particulièrement visible après une acné. Cette séquelle pigmentaire peut constituer une préoccupation importante pour les patients, parfois davantage que les lésions inflammatoires initiales. "Il faut distinguer une pigmentation physiologique d’une pathologie. Par exemple, la mélanonychie longitudinale (bande brune, noire ou brun-noir qui apparaît dans le sens de la longueur de l’ongle), fréquente chez les personnes d’ascendance africaine, est généralement bénigne. Mais elle doit être distinguée d’un mélanome unguéal", note la dermatologue.
Enfin, certaines particularités des peaux foncées sont parfaitement physiologiques. C'est le cas des lignes de démarcation pigmentaire, des pigmentations de la muqueuse gingivale ou de la langue. Ou encore, de la mélanocytose dermique congénitale caractérisée par la présence, dès la naissance, de mélanocytes dans les couches profondes de la peau, entraînant une coloration bleu-grisâtre. Pour la Pre Susan Taylor, "l'enjeu est donc double : mieux connaître les variantes normales pour éviter les examens ou les traitements inutiles et apprendre à reconnaître les manifestations spécifiques des dermatoses sur les peaux de couleur afin de réduire les erreurs diagnostiques et les retards de prise en charge".
Au programme du congrès de l'EADV 2026 :
Références :
Congrès de l'European Academy of Dermatology and Verenology (EADV), Vienne, du 30 septembre au 3 octobre 2026. D’après la session hot topics "Diagnostic and therapeutic pearls in the skin of colour" (2 octobre)
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